[Chronique] Les secrets de Brune – L’amie parfaite

Les secrets de brune

Date de sortie : 3 mai 2017
Editeur : Sarbacane
Nombre de pages : 88.
Prix : 15,50 €

Résumé

C’est bientôt la rentrée et Brune change de collège… Son angoisse grandit à mesure que le jour fatidique approche. À quoi ressemblera sa nouvelle vie ? Son histoire commence… Brune est une adolescente timide et secrète, qui s’interroge sur sa vie, sur le monde qui l’entoure. Ses copains de classes, ses professeurs, sont autant d’énigmes qu’elle peine à résoudre. Comment trouver la clé ?…
« Les secrets de Brune » sonnent comme une invitation à se découvrir, se faire confiance, et pourquoi pas, s’aimer… C’est la recherche du pont qui relie la vie d’une fille ordinaire à ses rêves les plus secrets, un voyage intime sur les ailes d’une hirondelle. Délicatesse et finesse du dessin donnent corps au texte de Bruna Vieira.

Mon avis

C’est en flânant dans ce cher Gibert Joseph du quartier Saint-Michel à Paris que je suis tombé sur la couverture ravissante de cette jolie BD. Il n’en fallait pas plus pour m’en saisir, curieux et admiratif, puis l’ouvrir afin de le feuilleter. Et dès le premier coup d’oeil, l’univers pastel et très cotonneux m’a séduit. J’y ai perçu un dessin sensible, délicat et féminin. Et en effet, c’est une jeune brésilienne qui illustre ce bel ouvrage ! D’ailleurs, la présentation est impeccable, j’ai retrouvé ici tout le soin et l’originalité apporté par les éditions Sarbacane – qui ont publié le magnifique roman Songes à la douceur. Le livre commence avec trois double-pages où l’on voit Bruna, l’héroïne, réfléchir dans sa chambre. Puis s’ensuit les réflexions d’une adolescente pas très en confiance, troublée par son changement de collège, par sa relation avec autrui. Ses réflexions sont pertinentes, elles parleront sûrement à bon nombre d’adolescent(e)s. D’ailleurs à ce propos, si la bande-dessinée est principalement destinée aux jeunes filles, que les garçons ne se la jouent pas grosses brutes insensibles, ça peut tout aussi bien les concerner. Car il est intéressant de comprendre cette sensibilité féminine 🙂

Les dessins m’ont un peu rappelé le jeu vidéo Child of Light dans l’esthétique et le design des personnages, et une approche assez « japonaise » dans l’ensemble. De la pudeur et de la poésie dans un contexte et des réflexions très actuelles, cohérente avec notre société d’aujourd’hui. J’ai aimé la pertinence de certains propos, je me suis pris d’affection pour Bruna et j’ai littéralement adoré les petits personnages inventés par les autrices ! A ce propos, les dernières pages proposent au lecteur de découvrir comment la BD est née, avec les études de personnages et des confidences de Bruna Vieira qui s’est occupée des textes. On apprend notamment qu’une suite est prévue et que c’est très auto-biographique. Il est à noté qu’à certains endroits, l’adolescente qui lira ce livre pourra interagir avec Brune puisqu’il y a quelques Finalement, mon seul regret c’est que ça se lit (trop) vite, car l’histoire n’a pas totalement le temps de décoller. Reste que c’est une très belle bande-dessinée à offrir, et j’ai hâte de pouvoir lire la suite ! 

Notation 5

Touchant, poétique et esthétiquement sublime.

 

Extraits

[Chronique] Miss Hokusai

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Date de sortie cinéma : 2 septembre 2015
Durée : 1h33min
Genres : Biopic, Drame, Historique
Un film d’animation japonais de Keiichi Hara

Synopsis

1814, HOKUSAI est un peintre reconnu de tout le Japon. Il réside avec sa fille O-Ei dans la ville d’Edo, enfermés la plupart du temps dans leur étrange atelier aux allures de taudis. Le “fou du dessin”, comme il se plaisait lui-même à se nommer et sa fille réalisent à quatre mains des œuvres aujourd’hui célèbres dans le monde entier. O-Ei, jeune femme indépendante et éprise de liberté, contribue dans l’ombre de son père à cette incroyable saga artistique.

Mon avis

C’est un film très plaisant, qui traite un sujet historique avec sérieux et minutie. L’animation est soignée, l’ambiance est très réussie. Un gros bémol sur l’intervention à deux reprises de musiques assez « pop-rock » qui ne collent absolument pas aux scènes ni au contexte alors que les autres ambiances sonores sont plus agréables. J’ai aimé sentir l’authenticité des personnages, ils ont un caractère bien marqué qui m’a plu. Je pense aussi et surtout à la jeune fille aveugle, qui amène à des scènes belles et touchantes. On apprend également comment vivaient Hokusai et sa fille, qui travaillait dans son ombre sans pour autant s’y cacher. Un tempérament audacieux, une émancipée remarquable qu’il faut absolument découvrir pour peu que l’on s’intéresse à l’art et à l’histoire du Japon.

Notation 4

Un film historique passionnant !

Galerie

[Artiste] N°2 – Zhang Xiao Bai

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∼ Présentation ∼

Zhang Xiao Bai est une artiste chinoise âgée de 35 ans ayant commencé à dessiné pour payer ses études, allant d’illustrations pour magazines à des graphismes pour jeux vidéo.  Très discrète, elle est méconnue du grand public car très à l’écart des réseaux sociaux depuis quelques années. Son ouvrage le plus marquant (dont je ferai une large chronique prochainement) est l’artbook « Fantasy Tattoo Art » qui regroupe une grande partie des ses oeuvres. Elle a également publié en France le très joli manhua « Si loin et si proche » dont je parlerais aussi bientôt. Ses oeuvres sont vendues chaque année à la Japan Expo par l’intermédiaire de GuiZang.

∼ Sa patte graphique ∼

Rares sont les illustrations sans femmes ou tatouages et peu nombreux sont les hommes dans cet univers principalement réaliste et fantasy. Les couleurs et scènes sont assez uniformes, les femmes se ressemblent sans être vraiment identiques. La richesse de chaque illustration est assez hallucinante, et on se surprend à remarquer des détails que l’on n’avait pas vu la première fois, des subtilités parfois troublantes comme une blessure ou des éléments fantasy dissimulés. Xiao Bai à développer une atmosphère bien à elle, souvent mélancolique, parfois sombre et toujours très sensuelle. A noter que son manqua « Si loin et si proche » est très éloigné (haha) de ses illustrations, adoptant des couleurs plus claires et un style moins mature. Néanmoins, ça reste très beau !

∼ L’art du tatouage ∼

Ce qui retient l’attention dans ce sens du détail hors du commun, ce sont les tatouages présents dans la majorité des illustrations. Très esthétiques, extrêmement travaillés, ils constituent le coeur de chaque personnage, révélant une part de leur personnalité, de leurs passé ou de leurs blessures. Les tatouages sont cohérents avec la scène, se confondant parfois avec le décor. Ils habillent littéralement le personnage et se révèlent toujours très marquants. Je ne suis pas un adepte du tatouage, j’ai tendance à trouver ça plutôt envahissant et rarement joli mais ici, force est de reconnaitre que l’art du tatouage peut être magnifique. Le niveau de détail et la netteté, par les traits très fins, est remarquable.

∼ Ode à la femme ∼

J’ai parler de sensualité en évoquant les portraits de Xiao Bai, mais il faut aussi souligné le coté expressif de ces femmes qui ne sont certes pas souvent très vêtue mais laissent parler leurs corps – et leurs tatouages – avec un raffinement oscillant entre le troublant et le mystique, la tristesse et la sérénité. La palette de sentiments est importante, il faudra parfois interpréter un tatouage pour comprendre un regard ou inversement. Tout est travaillé, le fond comme la forme, ce qui rend chacune de ces femmes uniques mais aussi, souvent, indomptables, insaisissables. C’est peut être ce qui les rend si attirantes, car elles paraissent réelles avec leur forces et leurs faiblesses. Un dernier mot sur Xiaotian, le personnage de son manhua, une jeune fille sensible, douce et à la beauté toute simple, bien loin des portraits que constituent les principales oeuvres de Xiao Bai.

∼ Pour soutenir l’artiste et acheter ses oeuvres ∼

Le site Guiyang propose d’obtenir des illustrations (notamment vendues à Japan Expo) via ce lien.

Il est encore possible d’acheter le formidable « Fantasy Tattoo Art » sur Amazon (via le vendeur Book Depository FR)  pour 18 € seulement.

Galerie

[Chronique] Love fragments Shanghai

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Date de sortie : 7 février 2008
Editeur : Xiao Pan
Nombre de pages : 112.
Prix : Environ 5 € (occasion)

Résumé

Love, fragments Shanghai raconte le destin de deux femmes. 
Lily est une executive-woman qui aime se poser dans le salon Cloud 9, un endroit calme où elle a ses habitudes. Alors que Lily se rend compte à qu’elle point elle a changé depuis un certain accident, elle entend la conversation au téléphone de Wen, une top-model. Cette dernière déteste se retrouver seule et pour oublier son histoire avec Jian, un photographe de mode, elle entretient une relation avec un homme marié. Pourtant, Wen ne cesse d’essayer de se rapprocher de Jian.

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Mon avis

Dès que ça parle d’amour et que les illustrations retiennent mon attention, j’évite de passé à côté. Et dans le cas de ce manhua, j’ai vraiment bien fait d’être curieux car la beauté du dessin n’a pas été trompeuse. Dès la première page, on est entrainé dans une réflexion pertinente sur l’amour à travers la préface d’un psychologue, qui nous évoque deux manières d’écrire l’amour dans l’usage des caractères chinois : avec ou sans la notion de coeur au milieu. Cela soulève immédiatement la délicate question du rapport amoureux, de ses travers, de ses subtilités et de la complexité que nous y ajoutons tous plus ou moins. Réalisé exclusivement pour le défunt éditeur Xiao Pan, cet ouvrage de Chaiko nous montre de manière très épuré mais néanmoins réaliste comment l’amour régie nos vies et influence le reste. La féminité des personnages est incroyable et on appréciera la présence de nombreux travaux de Chaiko à la fin du livre qui montre le travail minutieux de colorisation. Les dialogues ont l’originalité d’être placés sous les dessins et n’empêchent pas de très bien saisir la subtilité et l’intelligence qui ressort de cette histoire hélas trop courte. A lire de toute urgence !   

Notation 5

Singulier, poétique et marquant !

Extraits

[Chronique] Fleurs en suspens

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Date de sortie : 17 juin 2016
Editeur : Urban China
Nombre de pages : 128.
Prix : 15 € (Neuf)

Résumé

Mudan vient de quitter sa Chine natale pour emménager à Paris. Délicate et réservée, elle est à la fois émerveillée par ce nouvel environnement et perdue dans cette culture si différente de la sienne. Au fil de ses balades dans les rues de Montmartre, elle va découvrir la vie de ce quartier, ses traditions et ses habitants, dont Sakura, une Japonaise, et Adrien, un Français…

Mon avis

Tout en couleurs et avec un style pastel très agréable, ce roman graphique nous propose une balade dans les rues de Paris à la rencontre de Mudan, qui découvre ce nouvel environnement avec beaucoup de sensibilité. J’ai aimé ce graphisme singulier, avec des couleurs très douces qui donnent à Paris un caractère plus paisible. En revanche, les personnages sont inégaux, parfois mal représentés, de même pour certains décors. C’est dommage car globalement il y a de belles pages à parcourir. Le plus regrettable, c’est le manque de rythme dans cette histoire, non pas qu’il faille aller plus vite mais ça manque de consistance, de liant entre les protagonistes et leurs réflexions, c’est un peu hachurée et les enchainement sont parfois très confus. Cela m’a fait sortir de cette histoire et ne m’a pas permis de pleinement m’attacher aux personnages. C’est vraiment dommage car il y a de très beaux passages et une vraie identité au travers d’un dessin hélas inégal. A la fin de l’histoire, l’auteure nous fait la gentillesse de partager quelques conseils pour visiter Paris, et son regard sur notre culture est très intéressante, elle nous parle de son goût pour les vides-greniers, de salades et des nains de jardins. Enfin, nous avons une double page avec une mini interview nous permettant de mieux saisir ce qui nous aura peut être échappé lors de la lecture de son histoire. Je recommande tout de même de la lire en espérant que vous puissiez l’apprécier davantage que moi !

Notation 3

Un jolie roman graphique d’un quotidien parisien.

Extraits

 

[Chronique] Le dernier envol du Papillon

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Date de sortie : 5 avril 2017
Editeur : Glénat Seinen
Nombre de pages : 160.
Prix : 10,75 € (Neuf)

Résumé de l’éditeur

Kicho, la plus belle courtisane de Nagasaki, séduit tous les hommes sans exception. Cependant, du vieux marchand ivrogne au médecin étranger, elle continue à accepter tous les clients, même les plus méprisables. Quel secret cache-t-elle derrière sa douce mélancolie ? Le jeune garçon qui nourrit une haine farouche envers elle détient peut-être les clefs du mystère…

Mon avis

En parcourant le rayon manga, mon regard s’est arrêté sur cette couverture et le titre m’a interpellé. Puis j’ai parcouru en diagonale quelques pages ; ce qui saute tout de suite aux yeux, c’est le trait fin, précis et délicat des dessins. Un sens du détail absolument remarquable, dans les personnages, leurs vêtements, les motifs de leurs vêtements… Esthétiquement, j’ai été aussitôt conquis, puis en lisant le résumé, j’ai été curieux d’en apprendre plus sur le Japon du XIXème siècle et la place de la femme dans cette société, notamment au travers des courtisanes. Il faut savoir que l’auteure de ce manga s’est richement documenté afin de nous proposer une histoire inspirée de la réalité de l’époque. A ce propos, la fin de l’histoire laisse place à une postface nous permettant d’en apprendre plus sur les intentions de l’auteure, ses influences et ses motivations. Le contexte de l’histoire est très mature, parfois sombre et empreint d’une mélancolie difficile. Les scènes érotiques sont rares et n’ont rien de vulgaires, le but de cette histoire étant avant tout de suivre le personnage de Kicho, de comprendre comment et pourquoi elle vend son corps. Il y a toute une psychologie très intéressante entourée de tragédies, de réflexions. Même si j’ai eu un peu de mal à tout suivre, l’histoire est réellement intéressante et nous offre une pertinente incursion dans le Japon d’antan.  

Notation 4

Une histoire touchante et bien documentée.

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Et surtout, n’oubliez pas les librairies indépendantes près de chez vous !

Extraits

[Chronique BD] Coeur de Pierre

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Date de sortie : 3 avril 2013
Editeur : Delcourt Jeunesse
Nombre de pages : 32.
Prix :  9,95 €

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Résumé

Le jour où la petite fille au coeur d’artichaut rencontre le garçon au coeur de pierre, elle tombe éperdument amoureuse de lui. Dès lors, elle lui offre chaque jour une feuille de son coeur que chaque jour celui-ci rejette plus méchamment. Le coeur de la petite fille se rétrécit et bientôt elle perd sa joie de vivre. Visiblement, le garçon au coeur de pierre ne semble pas du tout prêt à se laisser aimer…

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Mon avis

Je me souviens être tombé par hasard sur la couverture de Coeur de Pierre. Mon coeur – justement – a fait un bond. Une seule illustration avait suffit à me convaincre d’attraper le livre et de le retourner pour lire la 4ème de couverture.

« Il est né avec un coeur de pierre,
elle, avec un coeur d’artichaut… »

La patte graphique et le jeu de couleurs de Jérémie Almanza est absolument fabuleux et contribue grandement à créer cet univers Burtonien. C’est à la fois poétique et sombre, une poésie que l’on retrouve dans les vers élégiaques de Séverine Gauthier, qui nous conte cette histoire avec beaucoup de douceur. C’est touchant, beau, triste et mélancolique à la fois, ça se lit très vite mais surtout ça se relit, ça se contemple dans les détails et expressions que les aquarelles transmettent avec délicatesse. C’est une approche sensible et tortueuse de l’amour, des relations que nous pourrions vivre vis à vis d’un(e) autre. Si d’apparence cette BD est destinée aux enfants – qui risquent de se mettre à bouder au terme de l’histoire – les adolescents et adultes peuvent se reconnaître sous les traits d’un personnage, comprendre la nature de leur coeur et le rapport qu’ils ont avec les sentiments. Car à travers cette histoire d’amour impossible, on se pose la vraie question de savoir pourquoi nous sommes parfois si cruel entre nous.

Notation 6

Coeur de Pierre est un coup de Coeur… d’artichaut.

Pour acheter ou offrir cette jolie BD

Extraits

[Chronique] The art of Tangled

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Date de sortie : Novembre 2014
Editeur : Chronicle Books
Nombre de pages : 160.

Prix : Environ 25 €

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Présentation 2

The Art of Tangled (Raiponce en français) est un très beau livre consacré au 50ème classique d’animation de Walt Disney Pictures. Inspiré par le personnage du conte des frères Grimm, le film confirme le second souffle des studios Disney initié un an plus tôt par La Princesse et la Grenouille. Les semi-échecs successifs de Chicken Little, Bienvenue chez les Robinson et Volt, star malgré lui – dont peu de gens se souviennent avouons-le – n’étaient pas au niveau d’un studio Pixar à son apogée et maitrisant bien mieux la 3D. La firme américaine se retrousse alors les manches et dépoussière le monde des princesses avec l’arrivée de la jeune fille aux cheveux lonnnnnnnnnngs. Le film sera un succès critique et commercial et précèdera l’arrivée de Rebelle mais aussi et surtout de La Reine des Neiges. La magie Disney signera ainsi pleinement son retour.

Contenu

Ce beau livre cartonné de 160 pages fait parti de la très belle collection d’artbooks Disney de chez Chronicle Books – il est le premier que je chronique mais il m’en reste 9 autres à vous proposer par la suite ! La qualité de papier et d’impression est optimale, et on profite pleinement de tout les trésors contenus dans cet ouvrage. Inutile de vous préciser qu’il est rempli d’illustrations typiques des studios Disney, comprenant des designs de personnages, des décors et des story-boards. On retrouvera les travaux préparatoires de Claire Keane (artiste qui aura son article sur le site), Scott Watanabe, Glen Keane (qui n’a aucun lien de parenté avec Claire Keane mais qui à conçu et développer le personnage d’Ariel, la petite sirène), Jin Kim et Kevin Nelson entre autres, les artistes étant nombreux. Le livre présente les différentes sections à la façon d’un conte, ce qui le rend très agréable à parcourir. De nombreuses études sont présentes et on pourra apprendre par exemple que le royaume de Raiponce a été inspiré par le Mont Saint-Michel tandis qu’un village français a inspiré la vallée de la tour cachée. Enfin, les nombreuses interventions (en anglais – mais le niveau est plutôt accessible) des artistes et réalisateurs permettent d’en apprendre toujours plus sur la conception du film.

Mon avis

Raiponce est un de mes Disney préféré, c’est pour cette raison que j’ai tant voulu posséder l’artbook et vous en parler en premier. Il est à l’image du film et plus encore, car on se passionne de pages en pages pour la création de cet univers enchanteur, on se surprend à voir les idées mises au placard et on découvre les choix qui ont été faits parmi d’autres propositions. On admire le génie des animateurs et le talent des dessinateurs, je pense notamment aux nombreux sketchs où la précision des traits de Glen Keane est remarquable. La présence de story-bords est à noter car elle n’est pas systématique dans ce genre de livre, c’est appréciable pour mieux comprendre comment est créé puis animé le film que l’on voit sur nos écrans. En définitive, ce livre est un très beau cadeau à offrir à celles et ceux qui aiment l’art, les princesses et l’univers Disney.

Notation 6

Un artbook d’exception qui ravira les fans du film.

Galerie

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[L’art de Luis Royo – 1ère Partie] Conceptions

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Date de sortie : 2002 (1) – 2003 (2) – 2005 (3) 
Editeur : Norma Editorial (Europe)
Prix : Entre 13 € et 19 € par volume.

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Présentation 2

Luis Royo est un peintre et illustrateur espagnol dont les travaux sont mondialement connus. Il dessine essentiellement des femmes côtoyant des monstres (c’est ainsi qu’il représente en général les hommes) dans des univers fantastiques, post-apocalyptiques ou historiques qu’il créé de toutes pièces. Il flirt très souvent avec l’érotisme, parfois de manière assez crue mais jamais avec vulgarité. Ses ouvrages sont extrêmement travaillés et chaque illustrations sont liés aux histoires qu’il raconte. Il me tenait très à coeur de parler de cet artiste dont la vision très sensuelle mais aussi très sombre des femmes est fascinante. Conceptions est une trilogie de sketchbooks idéale pour se familiariser avec son style avant de vous présenter des ouvrages tout bonnement hallucinants. 

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Le contenu

Soyons tout de suite honnête : la plupart des femmes dessinées par Luis Royo ne sont pas très sages. Provocantes, sensuelles et même guerrières, elles sont représentés sous tous les angles, armées ou accompagnées, souvent peu habillées et même parfois étrangement dénudées – combattre la poitrine à l’air déconcentre sûrement l’adversaire masculin, c’est pas bête. De nombreux croquis, brouillons ou esquisses sont présents tout au long de la trilogie, avec des intentions et thématiques que l’on retrouvera quelques années plus tard, dans les futurs recueils d’illustrations de l’artiste. Des oeuvres achevées et en couleur sont présentes, mais tout l’intérêt finalement est de contempler les nombreux crayonnés qui nous proposent de découvrir la création de personnages et de voir ces visages exprimé quelque chose de précis. On remarquera son goût pour les tatouages et piercing, ainsi que sa volonté de présenter l’homme assez rarement dans sa forme humaine mais plutôt dans sa forme bestiale. Car avec Luis Royo, c’est bel et bien l’homme qui a le mauvais rôle. Des réflexions de l’artiste – traduits en quatre langues dans les éditions Norma – accompagnent cette excursion érotico-fantastique de fort belle manière, à l’image de ces extraits issus du 3ème volume :

 » Les icônes féminines sont également innombrables. Léonard de Vinci nous a laissé la beauté ambigüe de la Joconde, Toulouse Lautrec s’est complu dans l’image crue de la femme de la nuit, Andy Warhol a présenté Marilyn comme le rêve idéal des masses. »

« Le défi que représente l’idéal féminin en tant que rêve, uni au concept de force naturelle qui fait bouger le monde et à toute la charge de perversion et de provocation que m’apporte personnellement ce sujet est, dans mes oeuvres, l’une des clés qui m’attire le plus. »

« La subtilité des lignes féminines fait que mon crayon doive préciser clairement l’orientation d’un menton ou le tracé que doit avoir la courbe d’une hanche en fonction de la posture. Un déplacement de quelques millimètres peut faire changer tout le poids des intentions ou de la sensualité. »

« Dans le cas de la silhouette féminine, tout ce qui la charge de sens peut se trouver dans ce petit détail, dans cette ligne courbe qui va nous transmettre un message de beauté inaccessible. »

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Mon avis

Un artiste comme Luis Royo peut difficilement être critiquer pour la qualité de son travail. On aime ou on déteste son style et l’érotisme qu’il défend mais objectivement, ce qu’il propose n’a aucun équivalent. Alors oui, il y a Manara, Boris Vallejo et bien d’autres artistes qui font du dessin érotique, mais ils ne jouent pas dans la même cour, ils n’ont pas cette précision chirurgicale dans la représentation du corps féminin. Manara par exemple fait de ses personnages des actrices, il propose un érotisme animé et scénique, notamment au travers de bandes-dessinées. Luis Royo défend un érotisme suggéré, impudique et violemment poétique. Ses personnages sont davantage des muses, l’incarnation charnelle de maux ou de sentiments. Elles sont fortes ou fortement fragiles mais elles écrivent l’histoire, ont un rôle central dans ce futur qu’il représente souvent de manière pessimiste, sombre et monstrueuse. La femme est élevée au-dessus de tout, qu’elles soient des beautés inaccessibles devenues fleurs fanées ou des guerrières indomptables combattant la perversion. La différence est donc bien là : Luis Royo ne dessine pas seulement des femmes, il créé les héroïnes d’aujourd’hui et de demain.

Notation 5

Une porte d’entrée idéale pour découvrir Luis Royo.

Galerie

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[Artiste] N°1. Wistful

 

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Présentation

Pour inaugurer cette catégorie, il me fallait une artiste un peu spéciale. Spéciale dans le sens où il me tenait à coeur de mettre en lumière – sur ce site tout beau tout neuf – une personne aux multiples qualités. Pas seulement sur le plan artistique mais aussi humain. Il est toujours un peu difficile d’approcher celles et ceux dont on admire le travail, car le talent gonfle parfois l’orgueil et la rançon du succès impose parfois une distance entre l’artiste et son public. Wistful, c’est une jeune femme qui partage intelligemment son travail depuis quelques années. Intelligemment car vous ne la verrez pas envahir votre fil d’actualité Facebook avec des selfies ridicules ou ce qu’elle a mangé la semaine dernière. Non, il s’agit de présenter ses nouvelles créations d’informer sa communauté. En dehors de cela, il m’est difficile de décrire la femme qui se cache derrière son nom d’artiste, mais l’ayant croisé plusieurs fois à la Japan Expo, je peux certifier qu’il s’agit d’une personne humble, souriante et sincère. Une vraie et jolie artiste.

Patte graphique

Au premier coup d’oeil, on devine que l’univers Disney n’est pas loin. Et s’il s’agit probablement de sa principale source d’inspiration, nous sommes bien loin du simple copier-coller. Wistful a su s’approprier chaque personnage en travaillant sur une toute nouvelle identité graphique, se définissant un style bien reconnaissable. Un trait fin et épuré, des couleurs chatoyantes et des choix artistiques pertinents font le charme et la réussite de sa galerie de personnages. Il est important de noter aussi une réelle progression depuis ses débuts, notamment au travers de sa récente collection d’aquarelles que j’affectionne tout particulièrement. Sans conteste, son travail n’a rien à envier aux différents artistes de la maison mère Disney, et elle pourrait très bien figurer aux cotés de Britney Lee, Lorelay Bové ou Mingjue Helen Chen pour le character design. En dehors des nombreuses héroïnes et princesses Disney, l’artiste a également réalisé des illustrations sur la licence Dragons, Les 5 légendes (Jack Frost) Game of Thrones (Daenerys), Star Wars (Ray & Princesse Leia) et une Anastasia absolument somptueuse dans sa robe jaune – il s’agit de l’illustration ci-dessous. 

Disney en mieux

Difficile de reprendre un univers aussi étoffé et travaillé que celui de Disney. Et ce n’est pas un hasard si des milliers de personnes s’y sont essayés. Rares sont celles et ceux qui y parviennent honorablement mais plus rares encore sont celles et ceux qui savent s’en inspirer pour en faire des créations plus intimistes. Il n’est pas ici question de savoir si Wistful fait mieux que Disney mais plutôt d’y reconnaître un vrai travail avec une réinterprétation respectueuse et intelligente. Wistful s’est réapproprier les différentes héroïnes au point où une question se pose : sommes-nous encore dans le fanart pur et dur ? 

Wistful - Fanart

Il semble légitime de considérer que les oeuvres de Wistful sont suffisamment originales pour mériter de l’attention, ne serai-ce que pour la « valeur ajoutée » qui caractérise chacune de ses créations. Les personnages sont certes très identifiables – c’est aussi le but ! – mais se différencient par des attitudes et expressions singulières, nous permettant de redécouvrir ces princesses et héroïnes à travers un style et une vision personnelle. Il faut savoir qu’il existe un vrai débat de fond sur l’utilisation de personnages existants pour en faire son fond de commerce – Wistful vend du fanart, comme beaucoup d’autres, mais certains trouvent cela déloyal quand d’autres pointent du doigt un problème d’inspiration. Mais plutôt que de juger un peu vite, il faut y comprendre les choix d’une illustratrice, sa « ligne éditoriale » en quelque sorte, qui est étroitement liée à ce qu’elle aime et souhaite dessiner. Se pose aussi la question de savoir si le public qui suit Wistful aujourd’hui attend autre chose de sa part, ce public habitué à une majorité de Disney et qui, probablement, s’est habitué à n’attendre que cela ou à réclamer d’autres personnages populaires.

Et après

Mon seul regret finalement, c’est peut être le fait que Wistful ne fasse que du Wistful en ce sens où elle a le potentiel d’aller plus loin, de créer d’autres personnages (comme celui ci-dessus) et pourquoi pas tout un univers, tout en conservant son identité graphique. Peut-être est-ce une question de confiance, de temps ou d’envie ; lorsqu’on aime corps et âme un univers comme Disney, il apparaît légitime et rassurant de s’y complaire. Reste aussi cette volonté très marquée de plaire à sa communauté de fans – qui sont plus de 13.000 sur Facebook – pour répondre à leurs attentes, au risque d’oublier ses propres souhaits. Je ne me permettrait pas de parler en son nom mais j’espère qu’elle nous gratifiera encore longtemps de ses dessins et aquarelles. Qu’elle osera créer davantage et saura mettre à profit son talent pour nous offrir, pourquoi pas, un bel artbook ou une bande-dessinée.  C’est en tout cas avec une vive curiosité et une sincère admiration que je continuerai de contempler la magie diffusée par Wistful.

Pour en savoir plus

Son compte Facebook : Wistful Art

Son compte Instagram : Wistful.Art

Wistful JE 2017

Le stand Wistful à la Japan Expo 2017

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L’ouverture d’une boutique en ligne est prévue pour cet été !

The End