[Chronique] Les secrets de Brune – L’amie parfaite

Les secrets de brune

Date de sortie : 3 mai 2017
Editeur : Sarbacane
Nombre de pages : 88.
Prix : 15,50 €

Résumé

C’est bientôt la rentrée et Brune change de collège… Son angoisse grandit à mesure que le jour fatidique approche. À quoi ressemblera sa nouvelle vie ? Son histoire commence… Brune est une adolescente timide et secrète, qui s’interroge sur sa vie, sur le monde qui l’entoure. Ses copains de classes, ses professeurs, sont autant d’énigmes qu’elle peine à résoudre. Comment trouver la clé ?…
« Les secrets de Brune » sonnent comme une invitation à se découvrir, se faire confiance, et pourquoi pas, s’aimer… C’est la recherche du pont qui relie la vie d’une fille ordinaire à ses rêves les plus secrets, un voyage intime sur les ailes d’une hirondelle. Délicatesse et finesse du dessin donnent corps au texte de Bruna Vieira.

Mon avis

C’est en flânant dans ce cher Gibert Joseph du quartier Saint-Michel à Paris que je suis tombé sur la couverture ravissante de cette jolie BD. Il n’en fallait pas plus pour m’en saisir, curieux et admiratif, puis l’ouvrir afin de le feuilleter. Et dès le premier coup d’oeil, l’univers pastel et très cotonneux m’a séduit. J’y ai perçu un dessin sensible, délicat et féminin. Et en effet, c’est une jeune brésilienne qui illustre ce bel ouvrage ! D’ailleurs, la présentation est impeccable, j’ai retrouvé ici tout le soin et l’originalité apporté par les éditions Sarbacane – qui ont publié le magnifique roman Songes à la douceur. Le livre commence avec trois double-pages où l’on voit Bruna, l’héroïne, réfléchir dans sa chambre. Puis s’ensuit les réflexions d’une adolescente pas très en confiance, troublée par son changement de collège, par sa relation avec autrui. Ses réflexions sont pertinentes, elles parleront sûrement à bon nombre d’adolescent(e)s. D’ailleurs à ce propos, si la bande-dessinée est principalement destinée aux jeunes filles, que les garçons ne se la jouent pas grosses brutes insensibles, ça peut tout aussi bien les concerner. Car il est intéressant de comprendre cette sensibilité féminine 🙂

Les dessins m’ont un peu rappelé le jeu vidéo Child of Light dans l’esthétique et le design des personnages, et une approche assez « japonaise » dans l’ensemble. De la pudeur et de la poésie dans un contexte et des réflexions très actuelles, cohérente avec notre société d’aujourd’hui. J’ai aimé la pertinence de certains propos, je me suis pris d’affection pour Bruna et j’ai littéralement adoré les petits personnages inventés par les autrices ! A ce propos, les dernières pages proposent au lecteur de découvrir comment la BD est née, avec les études de personnages et des confidences de Bruna Vieira qui s’est occupée des textes. On apprend notamment qu’une suite est prévue et que c’est très auto-biographique. Il est à noté qu’à certains endroits, l’adolescente qui lira ce livre pourra interagir avec Brune puisqu’il y a quelques Finalement, mon seul regret c’est que ça se lit (trop) vite, car l’histoire n’a pas totalement le temps de décoller. Reste que c’est une très belle bande-dessinée à offrir, et j’ai hâte de pouvoir lire la suite ! 

Notation 5

Touchant, poétique et esthétiquement sublime.

 

Extraits

[Chronique] Miss Hokusai

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Date de sortie cinéma : 2 septembre 2015
Durée : 1h33min
Genres : Biopic, Drame, Historique
Un film d’animation japonais de Keiichi Hara

Synopsis

1814, HOKUSAI est un peintre reconnu de tout le Japon. Il réside avec sa fille O-Ei dans la ville d’Edo, enfermés la plupart du temps dans leur étrange atelier aux allures de taudis. Le “fou du dessin”, comme il se plaisait lui-même à se nommer et sa fille réalisent à quatre mains des œuvres aujourd’hui célèbres dans le monde entier. O-Ei, jeune femme indépendante et éprise de liberté, contribue dans l’ombre de son père à cette incroyable saga artistique.

Mon avis

C’est un film très plaisant, qui traite un sujet historique avec sérieux et minutie. L’animation est soignée, l’ambiance est très réussie. Un gros bémol sur l’intervention à deux reprises de musiques assez « pop-rock » qui ne collent absolument pas aux scènes ni au contexte alors que les autres ambiances sonores sont plus agréables. J’ai aimé sentir l’authenticité des personnages, ils ont un caractère bien marqué qui m’a plu. Je pense aussi et surtout à la jeune fille aveugle, qui amène à des scènes belles et touchantes. On apprend également comment vivaient Hokusai et sa fille, qui travaillait dans son ombre sans pour autant s’y cacher. Un tempérament audacieux, une émancipée remarquable qu’il faut absolument découvrir pour peu que l’on s’intéresse à l’art et à l’histoire du Japon.

Notation 4

Un film historique passionnant !

Galerie

[Artiste] N°2 – Zhang Xiao Bai

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∼ Présentation ∼

Zhang Xiao Bai est une artiste chinoise âgée de 35 ans ayant commencé à dessiné pour payer ses études, allant d’illustrations pour magazines à des graphismes pour jeux vidéo.  Très discrète, elle est méconnue du grand public car très à l’écart des réseaux sociaux depuis quelques années. Son ouvrage le plus marquant (dont je ferai une large chronique prochainement) est l’artbook « Fantasy Tattoo Art » qui regroupe une grande partie des ses oeuvres. Elle a également publié en France le très joli manhua « Si loin et si proche » dont je parlerais aussi bientôt. Ses oeuvres sont vendues chaque année à la Japan Expo par l’intermédiaire de GuiZang.

∼ Sa patte graphique ∼

Rares sont les illustrations sans femmes ou tatouages et peu nombreux sont les hommes dans cet univers principalement réaliste et fantasy. Les couleurs et scènes sont assez uniformes, les femmes se ressemblent sans être vraiment identiques. La richesse de chaque illustration est assez hallucinante, et on se surprend à remarquer des détails que l’on n’avait pas vu la première fois, des subtilités parfois troublantes comme une blessure ou des éléments fantasy dissimulés. Xiao Bai à développer une atmosphère bien à elle, souvent mélancolique, parfois sombre et toujours très sensuelle. A noter que son manqua « Si loin et si proche » est très éloigné (haha) de ses illustrations, adoptant des couleurs plus claires et un style moins mature. Néanmoins, ça reste très beau !

∼ L’art du tatouage ∼

Ce qui retient l’attention dans ce sens du détail hors du commun, ce sont les tatouages présents dans la majorité des illustrations. Très esthétiques, extrêmement travaillés, ils constituent le coeur de chaque personnage, révélant une part de leur personnalité, de leurs passé ou de leurs blessures. Les tatouages sont cohérents avec la scène, se confondant parfois avec le décor. Ils habillent littéralement le personnage et se révèlent toujours très marquants. Je ne suis pas un adepte du tatouage, j’ai tendance à trouver ça plutôt envahissant et rarement joli mais ici, force est de reconnaitre que l’art du tatouage peut être magnifique. Le niveau de détail et la netteté, par les traits très fins, est remarquable.

∼ Ode à la femme ∼

J’ai parler de sensualité en évoquant les portraits de Xiao Bai, mais il faut aussi souligné le coté expressif de ces femmes qui ne sont certes pas souvent très vêtue mais laissent parler leurs corps – et leurs tatouages – avec un raffinement oscillant entre le troublant et le mystique, la tristesse et la sérénité. La palette de sentiments est importante, il faudra parfois interpréter un tatouage pour comprendre un regard ou inversement. Tout est travaillé, le fond comme la forme, ce qui rend chacune de ces femmes uniques mais aussi, souvent, indomptables, insaisissables. C’est peut être ce qui les rend si attirantes, car elles paraissent réelles avec leur forces et leurs faiblesses. Un dernier mot sur Xiaotian, le personnage de son manhua, une jeune fille sensible, douce et à la beauté toute simple, bien loin des portraits que constituent les principales oeuvres de Xiao Bai.

∼ Pour soutenir l’artiste et acheter ses oeuvres ∼

Le site Guiyang propose d’obtenir des illustrations (notamment vendues à Japan Expo) via ce lien.

Il est encore possible d’acheter le formidable « Fantasy Tattoo Art » sur Amazon (via le vendeur Book Depository FR)  pour 18 € seulement.

Galerie

[Chronique] Love fragments Shanghai

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Date de sortie : 7 février 2008
Editeur : Xiao Pan
Nombre de pages : 112.
Prix : Environ 5 € (occasion)

Résumé

Love, fragments Shanghai raconte le destin de deux femmes. 
Lily est une executive-woman qui aime se poser dans le salon Cloud 9, un endroit calme où elle a ses habitudes. Alors que Lily se rend compte à qu’elle point elle a changé depuis un certain accident, elle entend la conversation au téléphone de Wen, une top-model. Cette dernière déteste se retrouver seule et pour oublier son histoire avec Jian, un photographe de mode, elle entretient une relation avec un homme marié. Pourtant, Wen ne cesse d’essayer de se rapprocher de Jian.

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Mon avis

Dès que ça parle d’amour et que les illustrations retiennent mon attention, j’évite de passé à côté. Et dans le cas de ce manhua, j’ai vraiment bien fait d’être curieux car la beauté du dessin n’a pas été trompeuse. Dès la première page, on est entrainé dans une réflexion pertinente sur l’amour à travers la préface d’un psychologue, qui nous évoque deux manières d’écrire l’amour dans l’usage des caractères chinois : avec ou sans la notion de coeur au milieu. Cela soulève immédiatement la délicate question du rapport amoureux, de ses travers, de ses subtilités et de la complexité que nous y ajoutons tous plus ou moins. Réalisé exclusivement pour le défunt éditeur Xiao Pan, cet ouvrage de Chaiko nous montre de manière très épuré mais néanmoins réaliste comment l’amour régie nos vies et influence le reste. La féminité des personnages est incroyable et on appréciera la présence de nombreux travaux de Chaiko à la fin du livre qui montre le travail minutieux de colorisation. Les dialogues ont l’originalité d’être placés sous les dessins et n’empêchent pas de très bien saisir la subtilité et l’intelligence qui ressort de cette histoire hélas trop courte. A lire de toute urgence !   

Notation 5

Singulier, poétique et marquant !

Extraits

[Chronique] Fleurs en suspens

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Date de sortie : 17 juin 2016
Editeur : Urban China
Nombre de pages : 128.
Prix : 15 € (Neuf)

Résumé

Mudan vient de quitter sa Chine natale pour emménager à Paris. Délicate et réservée, elle est à la fois émerveillée par ce nouvel environnement et perdue dans cette culture si différente de la sienne. Au fil de ses balades dans les rues de Montmartre, elle va découvrir la vie de ce quartier, ses traditions et ses habitants, dont Sakura, une Japonaise, et Adrien, un Français…

Mon avis

Tout en couleurs et avec un style pastel très agréable, ce roman graphique nous propose une balade dans les rues de Paris à la rencontre de Mudan, qui découvre ce nouvel environnement avec beaucoup de sensibilité. J’ai aimé ce graphisme singulier, avec des couleurs très douces qui donnent à Paris un caractère plus paisible. En revanche, les personnages sont inégaux, parfois mal représentés, de même pour certains décors. C’est dommage car globalement il y a de belles pages à parcourir. Le plus regrettable, c’est le manque de rythme dans cette histoire, non pas qu’il faille aller plus vite mais ça manque de consistance, de liant entre les protagonistes et leurs réflexions, c’est un peu hachurée et les enchainement sont parfois très confus. Cela m’a fait sortir de cette histoire et ne m’a pas permis de pleinement m’attacher aux personnages. C’est vraiment dommage car il y a de très beaux passages et une vraie identité au travers d’un dessin hélas inégal. A la fin de l’histoire, l’auteure nous fait la gentillesse de partager quelques conseils pour visiter Paris, et son regard sur notre culture est très intéressante, elle nous parle de son goût pour les vides-greniers, de salades et des nains de jardins. Enfin, nous avons une double page avec une mini interview nous permettant de mieux saisir ce qui nous aura peut être échappé lors de la lecture de son histoire. Je recommande tout de même de la lire en espérant que vous puissiez l’apprécier davantage que moi !

Notation 3

Un jolie roman graphique d’un quotidien parisien.

Extraits