Billet d’humeur n°1 – 05/04/2021

Difficile de savoir comment débuter ce premier billet d’humeur. Tout simplement parce qu’il faut remonter loin en arrière pour retrouver une trace de cet exercice d’écriture. Le but de tout ça ? Faire un peu le point de manière générale, sur l’écriture et tout ce qui gravite autour sans entrer forcément dans l’intime ou dans la complainte. Ma démarche s’apparente plutôt à un état des lieux.

En juillet, cela fera douze ans que l’écriture de mon roman a débuté. C’est « drôle » car j’ai toujours eu en tête de débuter par un prologue, et bien que celui-ci ait beaucoup évolué dans sa forme au fil des années, il est toujours présent et n’a pas tant changer dans le fond : la rencontre fortuite entre un homme et une femme. Une amorce somme toute banale que j’ai voulu rendre singulière et simple à la fois en intégrant cette part de timidité, d’observation de part et d’autre et de silences révélateurs. Après une multitude de versions (douze il me semble), je suis heureux d’avoir enfin trouvé le point de départ qui me satisfait pleinement. Mais douze ans, c’est long…

Le temps défile et mes vingt-quatre ans sont devenus trente-six. C’est un coup dur au moral de se dire qu’après tant de temps, ce roman est encore inachevé. Entre l’insatisfaction des premières versions qui, avec le recul, n’allaient pas dans la bonne direction, et les réécritures successives qui amélioraient ou gommaient des pans entiers du récit, mon roman n’a jamais été plus loin que le chapitre dix-sept (dont la moitié inachevés) et les 81.000 mots. C’était en 2016. 

En 2013, alors que le rythme d’écriture est plutôt correct, je publie et partage sur un forum d’écriture le début de ce roman. C’est même la publication régulière des chapitres sur ce lieu d’échange entre jeunes écrivains qui redonne un élan à la rédaction, me permettant d’aller jusqu’au partage du septième chapitre. Les avis sont globalement positifs, le roman est beaucoup lu et il est même choisi comme coup de coeur parmi les centaines d’autres récits présents sur le forum. Et pourtant, cette reconnaissance du public ne va pas aider à ce que l’écriture du roman se poursuive…

Je fais un énième blocage. Entre une vie professionnelle chronophage et éreintante (avec des temps de transport allant jusqu’à trois heures par jour), et la pression sur mes épaules pour ne pas décevoir mon lectorat, la rédaction s’arrête brutalement. Les prises de notes sont trop nombreuses, le plan de texte est un capharnaüm. Quelques idées continuent de germer mais impossible de mettre de l’ordre dans tout ça. En parallèle, un autre problème de taille commence à se faire de plus en plus handicapant : mes acouphènes. 

Depuis lors, tout n’a été que remise en question et réécritures. Et les difficultés à rédiger un format long avec mon sifflement incessant à l’oreille m’a naturellement amené à rédiger des textes plus courts. De là sont nés en 2016 les Volutes féminines qui, à la base, devaient servir de « pause » entre deux chapitres du roman. La rédaction de ces intermèdes étaient parfait face à mes difficultés de concentration, vu que je n’arrivais plus à structurer de longs passages et que je ressentais le besoin de poser des idées précises sur ce vaste sujet. Je suis assez fier et heureux d’avoir travaillé sur ce projet, si bien que je garde en tête l’idée d’en faire un jour un autre recueil, plus construit et plus abouti. 

Pourtant, les longs mois à travailler sur ces «Volutes féminines » m’éloignent de mon roman. Certes, ces textes font aujourd’hui partie intégrante de mon récit mais au moment de leur écriture, ils remplacent mon incapacité à travailler sur un long format, et compensent mon renoncement face à mon roman. Je n’y arrivais plus. De plus, il me fallait écrire du dialogue et je ne maîtrisais pas du tout cette forme là. Du coup, deux longues années passent sans que mon roman n’avance. En 2018, je me remet dans l’écriture du roman et tente de repartir sur de bonnes bases en réécrivant en grande partie les deux premiers chapitres. Ayant besoin de visualisé les scènes et personnages, je fais faire quelques commissions par de jeunes artistes et je travaille davantage le fil conducteur de mes deux personnages principaux. S’il est assez facile pour moi de raconter le personnage masculin – puisqu’il s’inspire en grande partie de moi, le traitement de mon héroïne est plus complexe, souhaitant à tout prix lui donner corps et âme et faire d’elle un personnage intéressant. Et plus encore, un personnage rassurant capable de toucher les gens. 

Ces deux premiers chapitres sont perfectibles mais ont désormais un fil conducteur, ils se répondent l’un a l’autre et me rassurent sur ma capacité à écrire quelque chose qui me satisfasse. Mais mon élan se stoppe net devant le chapitre trois et l’arrivée des dialogues. Je ne sais pas comment procéder, et j’ai une peur bleue de ne pas réussir à retranscrire les scènes. Le passage à vide sera de nouveau long, bien que les prises de notes et idées surgissent de temps à autre. Fin 2020, je rédige le chapitre trois et le début du quatre en assumant le fait de ne rater mes dialogues. Je souhaite avancer l’histoire, mettre en forme mes idées. Le résultat est médiocre mais à le mérite de poser le squelette de ces chapitres. Le doute m’assaille, l’écriture est souvent au point mort et les mois passent. Je quitte mon boulot pour des raisons de santé et, avec davantage de temps devant moi, espère pouvoir poursuivre l’écriture du roman. Mais il n’en est rien. La frustration est immense, mes acouphènes sont insupportables.

Et c’est dans un élan un peu désespéré que je reviens vers mon site internet, pour rédiger là encore des textes plus courts – des chroniques, des billets d’humeur… – et partager mon récit de façon plus intimiste. Je ne sais pas combien de temps tout ça durera ni même si ça fonctionnera pour me relancer, pour retrouver un rythme et combattre mes acouphènes. Mais tant que vous verrez (et lirez ?) ces billets d’humeur hebdomadaires, ce sera bon signe. 

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