Billet d’humeur n°4 – 27/04/2021

Changer de vie. C’est un peu la réflexion permanente que j’ai en tête ces dernières semaines. Un changement radical. Pour délaisser bon nombre de mauvaises habitudes d’une part, et quitter un contexte trop urbain, trop bruyant et pas assez « zen ». Dans ce billet d’humeur (rédigé juste avant de me faire arracher deux dents de sagesse), j’avais à coeur d’évoquer ce que j’entend par changement de vie. Les grandes lignes tout du moins.

Déjà, il y a le lieu d’habitation. C’est un peu un sujet qui m’obsède ces temps-ci. Je ne me vois pas rester vivre là où je suis actuellement, car les voisins sont bruyants et le quartier se dégrade. Certes il y a de quoi se balader dans la nature à proximité mais je ne me sens plus aussi bien chez moi. J’adore pourtant la mezzanine dans laquelle j’ai mon coin mais même ça, je n’arrive plus à l’apprécier. Parce qu’il y a trop de choses. C’est de ma faute puisque j’ai acheter trop de choses les années précédentes mais je ne prend pas le temps d’apprécier ce que je possède et qui a de la valeur à mes yeux – parmi d’autres choses plus superflues, plus dispensables. Je ne saurai dire, mais j’ai le sentiment que de continuer à vivre dans le même lieu ne m’aidera pas à vivre un grand changement. Après, c’est aussi une idée que je ne dois pas trop entretenir si je veux instaurer des changements avant un éventuel déménagement. Et c’est indispensable.

Où vivre alors ? Eh bien, je n’arrête pas de penser aux Tiny House. Si je devais vivre quelque part, ce serait dans ce genre de petite maison où on vit de l’essentiel et où tout est bien aménagé. Où on ne peux pas entasser des tas de livres et où tout à un sens. Un lieu de vie isolé du reste, pas forcément en marge mais dans un petit cocon de simplicité, qui va a l’essentiel.

Après, il y a les habitudes de vie, l’hygiène de vie. Ce matin, je me suis remis sur une balance pour voir mon poids et ça a été la douche froide – déjà que ce n’était pas rose avant. L’activité sportive doit être un axe important des prochaines semaines, en espérant que les piscines puissent très prochainement rouvrir pour aller en complément de la course à pied et autre activité sportives que je pourrais mettre en place – y compris de façon ludique à la maison.

Il y a aussi ma « relation » avec le smartphone, qui est trop chronophage et dont j’aimerai apprendre à m’éloigner – et je parle de l’usage hors messages et appels qui sont assez anecdotiques. Parfois, j’ai envie de revenir à un téléphone basique avec lequel on peut juste envoyer et recevoir appels et messages justement. C’est une réflexion sérieuse mais je sais que je pourrais la mettre en place si je devais atterrir dans une Tiny House par exemple.

J’aspire aux grands changements. Aux grandes révolutions personnelles pour sortir la tête de l’eau. Ça reste encore à l’état de réflexion mais j’espère pouvoir mettre en oeuvres des petits changements qui pourraient en entrainer de plus grands. Ça devient indispensable. En fait, ça l’est même depuis un moment. On verra bien ce que ça donne avec le temps.

Sinon, la semaine écoulée était encore très en deçà de ce que j’espérais réussir à mettre en oeuvre. Reste que j’ai pu avancer la reconstruction de mes Volutes Féminines 2.0 avec un inventaire de texte qui s’établit pour le moment à 53 textes – il n’en faudra que 50. Il me manquait trois titres de textes et hier, en me baladant en forêt, j’en ai trouvé deux qui me conviennent très bien. Il ne reste plus qu’à rédiger tout ça. Dans mes plans, j’ai prévu de réécrire au moins trois textes cette semaine. On verra si m’y tiens. En attendant, je dois aller me faire arracher les dents de sagesse. Ça promet d’être palpitant… ou pas.

Billet d’humeur n°3 – 19/04/2021

J’écris ce troisième billet d’humeur avec un état d’esprit un peu étrange. Déjà, la semaine qui vient de s’écouler a été purement catastrophique. Je n’ai rien accompli de bon, j’ai été extrêmement fatigué et très souvent déprimé. Niveau écriture, l’envie de me relancer dans un projet, mais aucune « force » pour m’y lancer suffisamment. Un projet qui est passé à la vitesse supérieure en ce premier jour de cette troisième semaine d’avril. J’ai pu y mettre davantage d’ordre, quelques idées germent de façon plus concrète et c’est motivant.

Ensuite que dire ? Ce week-end s’est très bien passé, en excellente compagnie puisque j’étais avec de très bons amis, nous avons beaucoup joué et partagé de chouettes repas. Une véritable bouffée d’air frais que d’être avec eux, surtout après une semaine si difficile moralement. Ce week-end encore, je me suis attelé à une énième tentative d’organisation sur une fiche Bristol, de manière à synthétiser ce qu’il me faudrait accomplir. Ce genre d’initiative a tendance à créer deux sentiments paradoxales : un « soulagement » d’avoir fait ça et le contre-coup de me dire que c’est la énième fois que je le fais. Le sentiment de stagner et la frustration que cela entraîne est d’autant plus forte.

Le projet dont je parle dans le premier paragraphe, c’est la fameuse mise en chantier des « Volutes féminines 2.0 » que j’ai évoqué la semaine dernière. Je commence à y voir plus clair, mes intentions ont changées, évoluées. Par contre, c’est douloureux de relire des textes écrits précédemment et qui étaient particulièrement mauvais… Il m’arrive parfois de me dire que je ne suis vraiment pas doué pour écrire, mais je me force de ne pas y croire pour ne pas abandonner mon roman. Car si je ne l’écris pas, je pense que je m’effondrerai totalement.

Je n’ai pas grand-chose à ajouter de plus, si ce n’est que je débute cette semaine avec davantage d’espoir et un peu moins de déprime. Je ne me fais pas trop d’illusions et je me sens encore assez mal dans ma peau, j’accumule les migraines et la fatigue reste omniprésente, mais à côté de ça, je commence à y voir un peu plus clair dans mon projet actuel et ça m’aide à tenir le coup. Ah et aussi, j’ai eu l’occasion de relire un texte qui parle de mon ancienne meilleure amie, Elidia – à qui j’ai envoyé un courrier qui est resté sans réponse. Un texte qui m’a été très difficile de relire (aussi parce que c’était mal écrit) et qui a ravivé des souvenirs douloureux. Qui m’a rappelé aussi de gros pans de mon passé et qui me fait dire que tout ça est encore beaucoup trop ancré en moi. A cela s’ajoute ma relation avec une autre de mes meilleures amies avec qui je reprend contact et qui, à ce jour, ne semble pas vraiment prête a renouer avec notre amitié. Tout du moins, il semble impossible à présent de retrouver ce que l’on a vécu. Qu’il me faille faire le deuil – une fois encore – de cette relation amicale. Et j’avoue que tout ça est très difficile à encaisser.

Billet d’humeur n°2 – 12/04/2021

Second billet d’humeur et… je suis dans les temps. Cette semaine, les nuits ont été difficiles. Non pas à cause d’un manque de sommeil mais plutôt la succession de cauchemars. Bon, rien de très inhabituel me concernant mais disons que c’était des rêves plus étranges, plus… violents ? Du coup, ça m’a plutôt perturbé dans mes journées.

Niveau écriture, je travaille sur la réécriture de deux anciennes Volutes féminines qui n’ont pas été publiées dans le recueil de 2017. Ce sont deux textes que j’aime bien dans le sens où ils jouent sur des sonorités, sur des effets de répétition qui m’exercent et me poussent dans mes retranchements. Ce n’est pas le genre de texte facile à aborder et c’est un peu bizarre de m’attarder dessus alors que je peine à écrire mais je me dis peut-être que si j’arrive à être satisfait de ces réécritures, ça me redonnera un peu d’élan et de la confiance pour mon roman.

Ces derniers jours ont étés mitigés. Socialement parlant, j’ai eu la possibilité de jouer avec pas mal de mes proches et amis (en ligne, étant donné la situation). J’ai commencé quelques séances d’auto-hypnose mais ça demande à être approfondie cette semaine. Je n’ai pas assez lu, je n’ai pas assez écrit et j’ai eu pas mal de petits passages à vide. Je n’ai toujours pas eu de réponse à deux de mes courriers et j’avoue que ça m’affecte un peu moralement.

La « bonne » nouvelle de la semaine, c’est mon intention de faire une version 2.0 des Volutes féminines. D’en faire un recueil plus abouti. Ça va rester dans l’auto-édition mais plus modeste encore. Pas de financement ni de quelconque prétention en terme de visibilité. Pas de photographies à l’intérieur, des textes peut-être moins nombreux mais plus longs et une couverture que je vais essayer de soigné du mieux possible… Je pense faire imprimer des exemplaires papier sur un site comme Thebookedition pour ensuite les déposer dans des boîtes à lire ou l’offrir à mes proches.

Que dire d’autre ? Le sentiment de stagner est encore bien présent, j’ai un mal fou à me concentrer et mes humeurs font les montagnes russes mais bon, je m’accroche et il faudrait que je trouve un médecin traitant – étant donné qu’on ne souhaite pas répondre à mon courrier. Bref, sept jours se sont écoulés et pour le moment, on ne peut pas dire que les choses avancent. Peut-être la semaine prochaine ?

Billet d’humeur n°1 – 05/04/2021

Difficile de savoir comment débuter ce premier billet d’humeur. Tout simplement parce qu’il faut remonter loin en arrière pour retrouver une trace de cet exercice d’écriture. Le but de tout ça ? Faire un peu le point de manière générale, sur l’écriture et tout ce qui gravite autour sans entrer forcément dans l’intime ou dans la complainte. Ma démarche s’apparente plutôt à un état des lieux.

En juillet, cela fera douze ans que l’écriture de mon roman a débuté. C’est « drôle » car j’ai toujours eu en tête de débuter par un prologue, et bien que celui-ci ait beaucoup évolué dans sa forme au fil des années, il est toujours présent et n’a pas tant changer dans le fond : la rencontre fortuite entre un homme et une femme. Une amorce somme toute banale que j’ai voulu rendre singulière et simple à la fois en intégrant cette part de timidité, d’observation de part et d’autre et de silences révélateurs. Après une multitude de versions (douze il me semble), je suis heureux d’avoir enfin trouvé le point de départ qui me satisfait pleinement. Mais douze ans, c’est long…

Le temps défile et mes vingt-quatre ans sont devenus trente-six. C’est un coup dur au moral de se dire qu’après tant de temps, ce roman est encore inachevé. Entre l’insatisfaction des premières versions qui, avec le recul, n’allaient pas dans la bonne direction, et les réécritures successives qui amélioraient ou gommaient des pans entiers du récit, mon roman n’a jamais été plus loin que le chapitre dix-sept (dont la moitié inachevés) et les 81.000 mots. C’était en 2016. 

En 2013, alors que le rythme d’écriture est plutôt correct, je publie et partage sur un forum d’écriture le début de ce roman. C’est même la publication régulière des chapitres sur ce lieu d’échange entre jeunes écrivains qui redonne un élan à la rédaction, me permettant d’aller jusqu’au partage du septième chapitre. Les avis sont globalement positifs, le roman est beaucoup lu et il est même choisi comme coup de coeur parmi les centaines d’autres récits présents sur le forum. Et pourtant, cette reconnaissance du public ne va pas aider à ce que l’écriture du roman se poursuive…

Je fais un énième blocage. Entre une vie professionnelle chronophage et éreintante (avec des temps de transport allant jusqu’à trois heures par jour), et la pression sur mes épaules pour ne pas décevoir mon lectorat, la rédaction s’arrête brutalement. Les prises de notes sont trop nombreuses, le plan de texte est un capharnaüm. Quelques idées continuent de germer mais impossible de mettre de l’ordre dans tout ça. En parallèle, un autre problème de taille commence à se faire de plus en plus handicapant : mes acouphènes. 

Depuis lors, tout n’a été que remise en question et réécritures. Et les difficultés à rédiger un format long avec mon sifflement incessant à l’oreille m’a naturellement amené à rédiger des textes plus courts. De là sont nés en 2016 les Volutes féminines qui, à la base, devaient servir de « pause » entre deux chapitres du roman. La rédaction de ces intermèdes étaient parfait face à mes difficultés de concentration, vu que je n’arrivais plus à structurer de longs passages et que je ressentais le besoin de poser des idées précises sur ce vaste sujet. Je suis assez fier et heureux d’avoir travaillé sur ce projet, si bien que je garde en tête l’idée d’en faire un jour un autre recueil, plus construit et plus abouti. 

Pourtant, les longs mois à travailler sur ces «Volutes féminines » m’éloignent de mon roman. Certes, ces textes font aujourd’hui partie intégrante de mon récit mais au moment de leur écriture, ils remplacent mon incapacité à travailler sur un long format, et compensent mon renoncement face à mon roman. Je n’y arrivais plus. De plus, il me fallait écrire du dialogue et je ne maîtrisais pas du tout cette forme là. Du coup, deux longues années passent sans que mon roman n’avance. En 2018, je me remet dans l’écriture du roman et tente de repartir sur de bonnes bases en réécrivant en grande partie les deux premiers chapitres. Ayant besoin de visualisé les scènes et personnages, je fais faire quelques commissions par de jeunes artistes et je travaille davantage le fil conducteur de mes deux personnages principaux. S’il est assez facile pour moi de raconter le personnage masculin – puisqu’il s’inspire en grande partie de moi, le traitement de mon héroïne est plus complexe, souhaitant à tout prix lui donner corps et âme et faire d’elle un personnage intéressant. Et plus encore, un personnage rassurant capable de toucher les gens. 

Ces deux premiers chapitres sont perfectibles mais ont désormais un fil conducteur, ils se répondent l’un a l’autre et me rassurent sur ma capacité à écrire quelque chose qui me satisfasse. Mais mon élan se stoppe net devant le chapitre trois et l’arrivée des dialogues. Je ne sais pas comment procéder, et j’ai une peur bleue de ne pas réussir à retranscrire les scènes. Le passage à vide sera de nouveau long, bien que les prises de notes et idées surgissent de temps à autre. Fin 2020, je rédige le chapitre trois et le début du quatre en assumant le fait de ne rater mes dialogues. Je souhaite avancer l’histoire, mettre en forme mes idées. Le résultat est médiocre mais à le mérite de poser le squelette de ces chapitres. Le doute m’assaille, l’écriture est souvent au point mort et les mois passent. Je quitte mon boulot pour des raisons de santé et, avec davantage de temps devant moi, espère pouvoir poursuivre l’écriture du roman. Mais il n’en est rien. La frustration est immense, mes acouphènes sont insupportables.

Et c’est dans un élan un peu désespéré que je reviens vers mon site internet, pour rédiger là encore des textes plus courts – des chroniques, des billets d’humeur… – et partager mon récit de façon plus intimiste. Je ne sais pas combien de temps tout ça durera ni même si ça fonctionnera pour me relancer, pour retrouver un rythme et combattre mes acouphènes. Mais tant que vous verrez (et lirez ?) ces billets d’humeur hebdomadaires, ce sera bon signe.