Billet d’humeur n°9 – 3 octobre 2021

Par où commencer ?
Par mon absence de plus de deux mois sur ce blog ? Ces dernières semaines ont été remplies de vide, de questionnement, de doutes, de réflexions mais surtout de frustration. Il n’y a rien de plus à en dire. Le temps défile sans que rien n’évolue dans le bon sens. Mais ces semaines ont été l’occasion pour moi de réfléchir, d’analyser et de prendre le recul nécessaire pour tenter de comprendre ce qu’il se passe. Et ce qu’il se passe me fait rudement peur.

J’ai peur car je me rend compte que, plus j’essaie d’écrire, moins j’y parviens. Plus le temps passe, plus j’ai le sentiment de perdre mes facultés, mes capacités et parfois même mon inspiration.
Mon envie d’écrire, elle, reste inchangée. Mon besoin d’écrire également. C’est, paradoxalement, tout le contraire.

Récemment, quand je me penchais sur mes textes afin de les retravaillés, j’ai eu un sentiment de vide. D’abrutissement. Comme si je ne savais plus comment faire.
Plus le temps passe, moins j’arrive à me concentrer. Moins j’arrive à trouver les mots. Moins j’arrive à m’y retrouver dans mes notes, dans mes idées, dans tout ce que j’ai à dire et qu’il me tient à coeur d’exprimer.
Et ça me fait peur. Très peur. J’ai l’impression de perdre une part importante de mon identité, de ne plus réussir à faire ce peu de chose que je sais faire.
Mes acouphènes s’aggravent. Grâce à un ami, qui jouait avec un outil permettant de reproduire des sons d’acouphènes sur un site spécialisé, j’ai pu deviner à quoi ressemblait véritablement ce son permanent qui m’accompagne 24h/24. Un son que j’ai tenter moi-même de deviner mais vous imaginez bien que s’il m’est possible d’en trouver un similaire, c’est impossible pour moi de le reproduire puisque je l’entend. Et donc, ce son là, je ne peux pas l’entendre puisqu’il se superpose avec celui déjà présent. Et donc, en jouant avec les modulations graves puis aigües, il s’est arrêter sur un son très aigu. Nous étions plusieurs autour de la table et tous ont dit « mais c’est affreux comme bruit ! ». Sauf qu’à ce moment là, je n’ai rien entendu. Parce qu’il venait d’émettre le son que j’entend. Ce son se situe donc autour des 15.000 hertz. Si quelqu’un lis ces lignes et souhaite entendre ce son, il est possible de l’entendre à cette adresse :
http://fr.diapason-app.com/diagnostic

Peut-être comprendrez-vous davantage la source de mon problème. Problème que beaucoup connaissent mais honnêtement, quand je dis que j’entend un son « fantôme », j’ai le sentiment qu’on ne peut pas comprendre ce que je vis et, de ce fait, je ne me sens pas légitime de dire que j’en souffre. On peut ressentir de la compassion pour moi mais entre nous, c’est difficile de témoigner cette compassion si on ne sais pas de quoi il en retourne. Tout ça pour dire que voilà, c’est ce son qui handicape mon quotidien, qui me plonge dans une perpétuelle torpeur, dans un assourdissement terrible qui me gêne à mon travail – car ma perte d’audition à l’oreille droite s’élève à plus de 70% – mais qui me gêne aussi et surtout dans ma vie de tous les jours. Et surtout pour mes activités principales (du moins j’aimerai que ce soit les principales) que sont l’écriture et la lecture. Lire avec ce son, c’est épuisant. Tenter d’écrire avec ce son, ça devient impossible. Je perd de plus en plus en concentration, je perd en énergie car oui, tout ça m’épuise énormément. Après trois heures de travail dans une boulangerie où le bruit est – pour moi – à la limite du supportable, j’en ressors littéralement épuisé. Je ne travaille pas assez pour justifier une fatigue quelconque, mais la fatigue est pourtant bien réelle et certainement dû au fait de devoir « supporter » ce son. Une fatigue enfin qui me pousse à me tenir éloigné de ce qui me demande bien trop d’effort « intellectuel », et donc de l’écriture et de la lecture.

Au-delà de la gêne auditive, de la perte d’audition, s’est ajoutée une nouvelle facette – ou effet secondaire – lié à mes acouphènes : l’hyperacousie. L’épuisement physique et moral était déjà présent avec l’insupportable présence de ce son, mais il s’avère que désormais, la plupart des bruits me provoquent des maux de tête. Par bruits je parle des superpositions de conversation, le brouhaha. Ou quelqu’un qui parle fort – mon père est un parfait exemple. Ou le son d’une vidéo trop élevé – quand des amis mettent une vidéo Youtube un peu trop fort par exemple. Fort heureusement, la musique n’entraîne pas encore ce genre de problème. Et heureusement, car la musique à cette verrue de pouvoir me distraire de mes acouphènes. C’est une parade qui peut sembler paradoxale au premier abord, mais qui se comprend aisément lorsqu’on sait qu’on préconise des bruits blancs à des acouphéniques – méthode que je n’approuve pas (car il s’agit de remplacer finalement un acouphène par un autre) mais qui doit certainement fonctionner pour d’autres. Ceci explique aussi mon intérêt et mon amour pour les jeux de rythme, qui me distrait d’un point de vue auditif, mais me rassurent aussi sur ma faculté à entendre suffisamment de sons pour suivre un rythme – je parle de capacité qui, par le biais d’un jeu vidéo, s’exprime par le fait de réussir à percevoir les sons et le rythme.

Bref, tout ça pour dire qu’aujourd’hui, je me sens de plus en plus être une coquille vide. Mes journées sont pleines d’intentions qui restent à l’état d’intentions. J’écris très peu – voir pas du tout – et je m’échappe dans des jeux vidéo au lieu de lire parce que c’est plus « facile ». Alors oui, j’aime jouer aux jeux vidéos, mais je suis extrêmement frustré d’y avoir recours – presque automatiquement maintenant – plutôt que d’avoir la force d’écrire. Ou le courage. Je ne sais pas ce dont il s’agit, mais le fait est que je culpabilise énormément, et suis totalement déprimé de perdre peu à peu ce qui donne sens à ma vie. Je perd progressivement ce qui donne du sens à mon existence. Je me sens terriblement inutile et insignifiant si je ne parviens pas à écrire, déjà que mes complexes en tout genre ont tendance à me conforter dans une déprime permanente.

Alors que dois-je faire ? Que puis-je faire ? Moi qui ai déjà tenter un tas de choses pour me défaire des acouphènes, ou au moins m’en éloigner. Même méditer deviens difficile pour moi – car il s’agit aussi d’être en confrontation directe avec ce son. Et pourtant, je sais que c’est indispensable pour ma survie, pour maintenir mon moral dans un état suffisant pour qu’on ne me questionne pas le matin en me disant « pourquoi tu fais la tête ? » ou « qu’est ce qui ne va pas ? ». Je déteste ces questions car je ne peux pas répondre bêtement que c’est à cause de ce maudit son que personne n’entend de toute façon. Je garde beaucoup trop de rancoeur en moi, j’ai appris à tout garder, même les personnes le plus proches de moi ne savent pas vraiment ce que je ressens. Il m’arrive de montrer que je ne vais pas bien mais ça ne va pas plus loin que le gars qui semble avoir passé une mauvaise nuit. Je ne crois pas être le genre de personne qui se plains sans cesse, qui met en avant ses problèmes parce que nous en avons tous, des problèmes. Je n’aime pas mettre en avant mes soucis, non pas par égo ou par peur de paraître faible, je m’en moque, mais parce que je ne veux pas renvoyer une image négative, parce que je ne veux pas qu’on me questionne sans que je puisse trouver les mots. Parce que même oralement, je ne trouve pas les mots. Je n’ai jamais été très habile à l’oral, mais là, j’en perd carrément mon vocabulaire. Et ça me fait paniquer. Je perd mes mots à l’oral comme à l’écrit, j’ai l’impression de devoir profondément stupide. Ça me fait peur. Je l’ai déjà dit mais j’ai très peur. Voilà tout.

The Art of Makoto Shinkai

MakotoShinkai

Date de sortie : 30 juin 2015 (en anglais)
Editeur : Vertical
Nombre de pages : 175

Prix : Environ 30 €
Présentation 2

Makoto Shinkai, c’est ni plus ni moins l’artiste que j’admire le plus. Réalisateur de longs et courts métrages japonais, producteur, animateur, graphiste, auteur de plusieurs romans, scénariste et doubleur (!), c’est un génie dont les oeuvres sont à la fois touchantes, sensibles, poétiques et esthétiquement fabuleuses. L’art de Makoto Shinkai est un artbook qui rassemble une bonne partie de ses premiers travaux, et exclusivement de 5cm par seconde, La tour au delà des nuages et The voices of a distant stars.

Contenu

Tout au long de l’ouvrage, on parcours essentiellement les « backgrounds » de ses films, autrement dits les décors ou arrières-plans magnifiques qui montrent bien la touche personnelle de Makoto Shinkai, qui accorde une importance toute particulière aux environnements pour qu’ils subliment et accompagnent les messages qu’il nous délivre. Un soin qui saute aux yeux tant les détails sont extraordinaires et nous offrent au fil des pages des panoramas incroyables. Les paysages sont de toute beauté et on remarquera les différents éléments clés qui constituent les oeuvres de l’artiste, à savoir les trains, le ciel (de jour ou étoilé), la pluie, l’espace et ce contraste entre l’urbain et la nature. Chaque page est un émerveillement qui exprime toute la sensibilité de l’artiste, avec toute la volonté que son propos soit parfaitement mis en image. Des propos axés essentiellement sur l’amour, l’adolescence, la distance et la séparation. Des thèmes mélancoliques traités avec une rare délicatesse, avec une dimension humaine incroyable, bien distinct des moeurs d’aujourd’hui.

Mon avis

Il me sera impossible de dire le moindre mal de cet ouvrage tant il est d’une richesse incomparable et d’une beauté inouïe. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il s’agit ici de paysages à contempler, il n’y a pas de personnages. Ce sont uniquement des arrières-plan. Une façon de pouvoir admirer autant de fois qu’on le souhaite ce qui, à l’écran, apparait en arrière plan, ne nous laissant que peu de temps pour apprécier le soin apporté au moindre recoins, au moindre détails. C’est un artbook particulier qui ne montrera que très peu les travaux, ébauches et crayonnés – à la toute fin du livre, quelques pages montrent tout de même le procédé et les techniques employées. Les commentaires accompagnant les sublimes dessins donneront beaucoup de corps et d’âme à tout cela, et c’est là le but de cet ouvrage. Plutôt que de montrer du « step by step », on admire puis on découvre l’intention derrière. A noter que le format de l’artbook est rectangulaire, ce qui le rend agréable à prendre en main, la qualité du papier et d’impression est impeccable et fait honneur au travail de l’artiste. Je le recommande chaudement, à toutes celles et ceux qui voudraient un peu d’évasion, de douceur et de poésie. Ce n’est pas seulement un coup de coeur, c’est bien au-delà.

Notation 6

L’art de Makoto Shinkai est un diamant à l’état brut. 

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[Chronique ] Time of Eve ⌊♥⌋

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Date de sortie : 6 mars 2010 (Japon) – 1er mai 2015 (USA)
Durée : 1h46min
Genres : Drame, Science-fiction
Un film d’animation japonais de Yasuhiro Yoshiura

 

* Synopsis *

Dans un futur pas si lointain, les androïdes sont devenus d’usage normal, si bien que les humains les traitent comme des objets de tous les jours. Néanmoins, certaines personnes sont attirées par ces androïdes à cause de leur apparence humaine (mis à part l’anneau flottant au-dessus de leurs têtes), et c’est devenu un problème de société. Un jour, Rikuo, qui prenait les robots pour choses acquises, découvre que son androïde domestique, Sammy, agit bizarrement et trouve une phrase enregistrée dans son journal d’activités. Avec son ami Masaki, il décide alors de suivre Sammy et tombe sur un café inhabituel, où la première règle est de ne pas faire de différence entre humains et androïdes.

* De la science-fiction/réflexion *

Le contexte futuriste et la définition de science-fiction pour ce film d’animation est marqué par la présence d’androïdes hyper réalistes ainsi que par un milieu urbain manquant cruellement de verdure. Une vision néanmoins épurée et suffisamment cohérente pour ne pas se perdre dans la surenchère d’éléments futuristes. Pas de fioritures, ce qui nous intéresse ici, c’est la relation entre l’homme et la machine. Nous faisant très vite connaissance avec Rikuo ainsi que de son androïde Sammy. S’ajoute à eux le camarade de classe de Rikuo, le très farouche Masaki. Maintenant que les présentations sont faites, ne vous attendez pas à de l’action barbare, des scènes à couper le souffle et des combats épiques. Time of Eve, c’est avant tout un scénario millimétré qui explore les relations humaines (et pas que !) pour nous amener à de profondes réflexions sur notre rapport avec la technologie, avec la différenciation entre une âme et une intelligence artificielle développée. C’est essentiellement au coeur du Eve no jikan que nous allons faire la rencontre de diverses personnages tous aussi mémorables les uns que les autres. Se développe ainsi une psychologie profonde entre humains et androïdes, sans que l’on ne sache au départ qui est qui (ou quoi). Tout est brillamment raconté au fil de cette jolie fable futuriste.

* Cinq ans plus tard sur Kickstarter * 

Time of Eve, c’est au départ une série d’OAV composé de six épisodes, qui ont donné lieu à ce film « compilation » qui s’est vu ajouté quelques scènes. La découpe n’est absolument pas perceptible et l’histoire s’enchaîne à merveille. Il faut savoir que le parcours de ce film est particulièrement atypique : sorti en 2010 au Japon, il n’a pendant longtemps pas eu le droit à une localisation occidentale. Il a fallu la création d’un Kickstarter lancé par Directions et le Studio Rikka pour mobiliser les fans et localiser le film sur le marché US dans une version blu-ray. Le succès de la campagne (215 233 dollars !) est tel qu’une version dénommée « International » voit le jour, puisque les sommes récoltées permettent de financer les sous-titres dans de nombreuses langues… dont le français ! C’est même un coffret comprenant un mini artbook et l’OST qui sortira cinq ans après la sortie japonaise. Malgré le succès du crowfunding, le film reste bien trop méconnu et n’a officiellement jamais bénéficié d’une sortie en Europe. Pourtant, le réalisateur à qui nous devons Time of Eve sort le plus populaire Patéma et le monde inversé – excellent au passage – quelques années plus tard. Un film suffisamment acclamé par la critique pour se voir bénéficié d’une sortie spontanée chez @nime. 

♥ Mon avis ♥

Rares sont les films d’animation à m’avoir fait cet effet. Je suis resté scotché tout le long du film, ébloui par la richesse et la beauté graphique – c’est assez sobre et volontairement peu coloré. L’animation est impeccable, certains plans et effets sont renversants, j’ai été surpris qu’un animé de 2010 propose une telle originalité graphique. J’ai aussi beaucoup apprécié le character design, chaque personnage est identifiable, dégage une émotion palpable, et il y a cette profonde et intéressante réflexion sur le fait de savoir s’il s’agit d’un(e) humain(e) ou non. Ce qui m’a fasciné et transporté, c’est la dimension philosophique du film, le fait de mettre en avant chaque émotion, de la traiter sous tous les angles avec intelligence, sans faire de surenchère, et sans fioritures. On devine sans mal les sentiments qui émanent de chaque individu, sans connaître leur histoire, ce qui ne manquera pas de surprendre et de nous faire réfléchir sur nos rapports humains. Les dialogues sont à ce titre rudement bien écrits, c’est profond sans être tiré par les cheveux – car oui, les japonais ont parfois une manière bien à eux de s’exprimer et cela peut vite devenir difficilement compréhensible. Ici, c’est limpide, subtil et tout est dit avec une grande sagesse et poésie. Time of Eve a de science-fiction le fait d’être lui-même un OVNI, il n’a aucun équivalent dans son domaine malgré que une thématique déjà traitée. Ici, ce n’est pas seulement un film, c’est une réflexion sur la vie, celle de notre présent et, peut-être, celle de notre futur.

Notation 6

Un chef d’oeuvre unique, intelligent et marquant.

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[Chronique] Le Pavillon de l’Aile Ouest

le pavillon

Date de sortie : Août 2007
Editeur : Xiao Pan
Nombre de pages : 112.
Prix : Environ 12 € (Occasion – RARE)

Résumé

Xi Xiang Ji est l’un des grands classiques d’histoire d’amour en Chine. Tiré à l’origine d’une nouvelle écrite au IXme siècle, adapté pour le théâtre par WANG Shifu, il raconte l’idylle entre la fille de nobles chinois, et un jeune lettré préférant vagabonder plutôt qu’étudier. Mais l’Amour lui fera donner le maximum de lui-même, afin de conquérir, surtout, le coeur de sa (future) belle-mère.

Mon avis

Voici une bande-dessinée chinoise tout à fait particulière. Déjà, il faut noter la singularité du livre en lui-même puisque les pages sont plus épaisses et couleur sépia, donnant un aspect un peu « ancien » très réussi se mariant à merveille avec le dessin de Guo Guo. D’ailleurs on ne va pas passer par quatre chemins : c’est très, très beau. J’ai rarement été autant émerveillé par les illustrations mais j’y reviens un peu plus loin. Parlons du scénario, hélas assez secondaire et donnant l’impression qu’il n’est que prétexte pour admirer le travail de l’artiste.

Il s’agit d’une histoire d’amour très classique entre une fille d’une grande famille et un homme issu d’un milieu plus modeste. Les circonstances les amènent à se rencontrer alors qu’elle semble inatteignable. Puis elle apprend qu’elle doit épouser un homme de haut rang plutôt malsain, tandis que la ville est attaquée. Tout s’enchaîne à une vitesse folle et le dénouement survient si vite qu’on n’a absolument pas le temps de l’apprécier. C’est léger, pas franchement original mais loin d’être désagréable. J’ai apprécié cette simplicité, ce coté très suranné. Il faut simplement aimer les histoires (très) fleur bleue (moi j’aime bien hihi !) et accepter de lire une histoire qui se contente de faire le minimum (le nombre de pages y oblige).

La grande force de cet ouvrage, ce sont donc les illustrations de Guo Guo qui font de chaque case un tableau. Le niveau de détail dans les décors, les kimonos, les chevelures et les visages est admirable, les couleurs sont somptueuses et on ressent une sensibilité très féminine dans les personnages, y compris dans celui du héros principal. Il y a quelques illustrations en pleine page qui sont d’une élégance rare, et à cela s’ajoute une vingtaine de pages en fin d’ouvrage où il sera possible d’en prendre plein les yeux face au talent de cette dessinatrice, qui conjugue à la perfection l’esthétisme et le raffinement. C’est simple, on a le sentiment de parcourir une petite galerie de peintures chinoises où la minutie et la grâce de chaque oeuvre est un pur moment de contemplation et de délectation.

 

Notation 6

Un coup de coeur pour l’esthétique fabuleuse !

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[Chronique] Chinese Girls

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Date de sortie : 13 novembre 2014
Editeur : Pika
Nombre de pages : 160
Prix : 12,50 €

Résumé

Par ses illustrations aux couleurs vibrantes et ses textes émouvants, Benjamin, célèbre auteur de BD chinoise, nous livre dans cet album des portraits de jeunes chinoises en pleins tourments amoureux. Des travaux préparatoires en fin d’album offrent une vision nouvelle sur les travaux de l’artiste.

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Contenu

Avec Chinese Girls, Benjamin nous propose une chronique de la Chine actuelle à travers 100 portraits de filles qu’il a parfois imaginé ou simplement croisé ou observé dans les rues de Beijing. Si les dessins et peintures ont une grande place dans ce beau livre (édité en deux versions), il n’est pas exempt de textes, ce qui permet d’apporter des précisions quant aux intentions et à la vision de l’auteur, mais aussi son rapport à l’amour. Chinese Girls fait suite à plusieurs manhuas (mangas chinois) et le graphisme assez singulier est très fidèle à son style. Travaillant exclusivement sur tablette graphique, Benjamin est un artiste qui a le sens du détail mais propose aussi des oeuvres plus abstraites, où il nous faut deviner parfois un objet, une expression, une situation… Un flou recherché qu’il manipule avec une rare habileté, nous poussant vers la réflexion pour saisir chaque nuance. Chinese Girls est avant tout l’occasion de découvrir la place que peuvent avoir les femmes en Chine, et il est passionnant de lire et de voir ce que Benjamin nous montre et décrit avec brio. 

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Mon avis

La couverture reflète à elle-seule la beauté fantastique de cet artbook très spécial. J’ai apprécié ce franc parler dans les textes, mêlée à une pudeur caractéristique à la culture chinoise. C’est très mélancolique, parfois tragique, mais c’est avant tout une fenêtre sur un monde dont on ne connait finalement pas grand chose. Il y a une sensibilité et un respect des femmes, bien qu’il ne ménage pas toujours ses propos – ses descriptions sont parfois si franches qu’elles peuvent surprendre ! La maitrise des couleurs fait de Benjamin un artiste que j’admire vraiment, notamment dans cet ouvrage où les femmes y sont belles, tour à tour fortes et fragiles, perdues ou résolues avec un regard éloquent ou intriguant. Finalement, chaque portrait est une rencontre qui dégage des émotions, une poésie. L’amour, quant à lui, est d’une grande complexité, tumultueux aussi, comme s’il s’agissait d’une énigme qui ne pourrait être résolue. On se ressort pas indemne de ce périple, mais le voyage vaut clairement la peine d’être vécu. 

Notation 6

Un véritable coup de coeur pour une oeuvre unique ! 

 

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