The Art of Makoto Shinkai

MakotoShinkai

Date de sortie : 30 juin 2015 (en anglais)
Editeur : Vertical
Nombre de pages : 175

Prix : Environ 30 €
Présentation 2

Makoto Shinkai, c’est ni plus ni moins l’artiste que j’admire le plus. Réalisateur de longs et courts métrages japonais, producteur, animateur, graphiste, auteur de plusieurs romans, scénariste et doubleur (!), c’est un génie dont les oeuvres sont à la fois touchantes, sensibles, poétiques et esthétiquement fabuleuses. L’art de Makoto Shinkai est un artbook qui rassemble une bonne partie de ses premiers travaux, et exclusivement de 5cm par seconde, La tour au delà des nuages et The voices of a distant stars.

Contenu

Tout au long de l’ouvrage, on parcours essentiellement les « backgrounds » de ses films, autrement dits les décors ou arrières-plans magnifiques qui montrent bien la touche personnelle de Makoto Shinkai, qui accorde une importance toute particulière aux environnements pour qu’ils subliment et accompagnent les messages qu’il nous délivre. Un soin qui saute aux yeux tant les détails sont extraordinaires et nous offrent au fil des pages des panoramas incroyables. Les paysages sont de toute beauté et on remarquera les différents éléments clés qui constituent les oeuvres de l’artiste, à savoir les trains, le ciel (de jour ou étoilé), la pluie, l’espace et ce contraste entre l’urbain et la nature. Chaque page est un émerveillement qui exprime toute la sensibilité de l’artiste, avec toute la volonté que son propos soit parfaitement mis en image. Des propos axés essentiellement sur l’amour, l’adolescence, la distance et la séparation. Des thèmes mélancoliques traités avec une rare délicatesse, avec une dimension humaine incroyable, bien distinct des moeurs d’aujourd’hui.

Mon avis

Il me sera impossible de dire le moindre mal de cet ouvrage tant il est d’une richesse incomparable et d’une beauté inouïe. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il s’agit ici de paysages à contempler, il n’y a pas de personnages. Ce sont uniquement des arrières-plan. Une façon de pouvoir admirer autant de fois qu’on le souhaite ce qui, à l’écran, apparait en arrière plan, ne nous laissant que peu de temps pour apprécier le soin apporté au moindre recoins, au moindre détails. C’est un artbook particulier qui ne montrera que très peu les travaux, ébauches et crayonnés – à la toute fin du livre, quelques pages montrent tout de même le procédé et les techniques employées. Les commentaires accompagnant les sublimes dessins donneront beaucoup de corps et d’âme à tout cela, et c’est là le but de cet ouvrage. Plutôt que de montrer du « step by step », on admire puis on découvre l’intention derrière. A noter que le format de l’artbook est rectangulaire, ce qui le rend agréable à prendre en main, la qualité du papier et d’impression est impeccable et fait honneur au travail de l’artiste. Je le recommande chaudement, à toutes celles et ceux qui voudraient un peu d’évasion, de douceur et de poésie. Ce n’est pas seulement un coup de coeur, c’est bien au-delà.

Notation 6

L’art de Makoto Shinkai est un diamant à l’état brut. 

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[Chronique ] Time of Eve ⌊♥⌋

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Date de sortie : 6 mars 2010 (Japon) – 1er mai 2015 (USA)
Durée : 1h46min
Genres : Drame, Science-fiction
Un film d’animation japonais de Yasuhiro Yoshiura

 

* Synopsis *

Dans un futur pas si lointain, les androïdes sont devenus d’usage normal, si bien que les humains les traitent comme des objets de tous les jours. Néanmoins, certaines personnes sont attirées par ces androïdes à cause de leur apparence humaine (mis à part l’anneau flottant au-dessus de leurs têtes), et c’est devenu un problème de société. Un jour, Rikuo, qui prenait les robots pour choses acquises, découvre que son androïde domestique, Sammy, agit bizarrement et trouve une phrase enregistrée dans son journal d’activités. Avec son ami Masaki, il décide alors de suivre Sammy et tombe sur un café inhabituel, où la première règle est de ne pas faire de différence entre humains et androïdes.

* De la science-fiction/réflexion *

Le contexte futuriste et la définition de science-fiction pour ce film d’animation est marqué par la présence d’androïdes hyper réalistes ainsi que par un milieu urbain manquant cruellement de verdure. Une vision néanmoins épurée et suffisamment cohérente pour ne pas se perdre dans la surenchère d’éléments futuristes. Pas de fioritures, ce qui nous intéresse ici, c’est la relation entre l’homme et la machine. Nous faisant très vite connaissance avec Rikuo ainsi que de son androïde Sammy. S’ajoute à eux le camarade de classe de Rikuo, le très farouche Masaki. Maintenant que les présentations sont faites, ne vous attendez pas à de l’action barbare, des scènes à couper le souffle et des combats épiques. Time of Eve, c’est avant tout un scénario millimétré qui explore les relations humaines (et pas que !) pour nous amener à de profondes réflexions sur notre rapport avec la technologie, avec la différenciation entre une âme et une intelligence artificielle développée. C’est essentiellement au coeur du Eve no jikan que nous allons faire la rencontre de diverses personnages tous aussi mémorables les uns que les autres. Se développe ainsi une psychologie profonde entre humains et androïdes, sans que l’on ne sache au départ qui est qui (ou quoi). Tout est brillamment raconté au fil de cette jolie fable futuriste.

* Cinq ans plus tard sur Kickstarter * 

Time of Eve, c’est au départ une série d’OAV composé de six épisodes, qui ont donné lieu à ce film « compilation » qui s’est vu ajouté quelques scènes. La découpe n’est absolument pas perceptible et l’histoire s’enchaîne à merveille. Il faut savoir que le parcours de ce film est particulièrement atypique : sorti en 2010 au Japon, il n’a pendant longtemps pas eu le droit à une localisation occidentale. Il a fallu la création d’un Kickstarter lancé par Directions et le Studio Rikka pour mobiliser les fans et localiser le film sur le marché US dans une version blu-ray. Le succès de la campagne (215 233 dollars !) est tel qu’une version dénommée « International » voit le jour, puisque les sommes récoltées permettent de financer les sous-titres dans de nombreuses langues… dont le français ! C’est même un coffret comprenant un mini artbook et l’OST qui sortira cinq ans après la sortie japonaise. Malgré le succès du crowfunding, le film reste bien trop méconnu et n’a officiellement jamais bénéficié d’une sortie en Europe. Pourtant, le réalisateur à qui nous devons Time of Eve sort le plus populaire Patéma et le monde inversé – excellent au passage – quelques années plus tard. Un film suffisamment acclamé par la critique pour se voir bénéficié d’une sortie spontanée chez @nime. 

♥ Mon avis ♥

Rares sont les films d’animation à m’avoir fait cet effet. Je suis resté scotché tout le long du film, ébloui par la richesse et la beauté graphique – c’est assez sobre et volontairement peu coloré. L’animation est impeccable, certains plans et effets sont renversants, j’ai été surpris qu’un animé de 2010 propose une telle originalité graphique. J’ai aussi beaucoup apprécié le character design, chaque personnage est identifiable, dégage une émotion palpable, et il y a cette profonde et intéressante réflexion sur le fait de savoir s’il s’agit d’un(e) humain(e) ou non. Ce qui m’a fasciné et transporté, c’est la dimension philosophique du film, le fait de mettre en avant chaque émotion, de la traiter sous tous les angles avec intelligence, sans faire de surenchère, et sans fioritures. On devine sans mal les sentiments qui émanent de chaque individu, sans connaître leur histoire, ce qui ne manquera pas de surprendre et de nous faire réfléchir sur nos rapports humains. Les dialogues sont à ce titre rudement bien écrits, c’est profond sans être tiré par les cheveux – car oui, les japonais ont parfois une manière bien à eux de s’exprimer et cela peut vite devenir difficilement compréhensible. Ici, c’est limpide, subtil et tout est dit avec une grande sagesse et poésie. Time of Eve a de science-fiction le fait d’être lui-même un OVNI, il n’a aucun équivalent dans son domaine malgré que une thématique déjà traitée. Ici, ce n’est pas seulement un film, c’est une réflexion sur la vie, celle de notre présent et, peut-être, celle de notre futur.

Notation 6

Un chef d’oeuvre unique, intelligent et marquant.

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[Chronique] Le Pavillon de l’Aile Ouest

le pavillon

Date de sortie : Août 2007
Editeur : Xiao Pan
Nombre de pages : 112.
Prix : Environ 12 € (Occasion – RARE)

Résumé

Xi Xiang Ji est l’un des grands classiques d’histoire d’amour en Chine. Tiré à l’origine d’une nouvelle écrite au IXme siècle, adapté pour le théâtre par WANG Shifu, il raconte l’idylle entre la fille de nobles chinois, et un jeune lettré préférant vagabonder plutôt qu’étudier. Mais l’Amour lui fera donner le maximum de lui-même, afin de conquérir, surtout, le coeur de sa (future) belle-mère.

Mon avis

Voici une bande-dessinée chinoise tout à fait particulière. Déjà, il faut noter la singularité du livre en lui-même puisque les pages sont plus épaisses et couleur sépia, donnant un aspect un peu « ancien » très réussi se mariant à merveille avec le dessin de Guo Guo. D’ailleurs on ne va pas passer par quatre chemins : c’est très, très beau. J’ai rarement été autant émerveillé par les illustrations mais j’y reviens un peu plus loin. Parlons du scénario, hélas assez secondaire et donnant l’impression qu’il n’est que prétexte pour admirer le travail de l’artiste.

Il s’agit d’une histoire d’amour très classique entre une fille d’une grande famille et un homme issu d’un milieu plus modeste. Les circonstances les amènent à se rencontrer alors qu’elle semble inatteignable. Puis elle apprend qu’elle doit épouser un homme de haut rang plutôt malsain, tandis que la ville est attaquée. Tout s’enchaîne à une vitesse folle et le dénouement survient si vite qu’on n’a absolument pas le temps de l’apprécier. C’est léger, pas franchement original mais loin d’être désagréable. J’ai apprécié cette simplicité, ce coté très suranné. Il faut simplement aimer les histoires (très) fleur bleue (moi j’aime bien hihi !) et accepter de lire une histoire qui se contente de faire le minimum (le nombre de pages y oblige).

La grande force de cet ouvrage, ce sont donc les illustrations de Guo Guo qui font de chaque case un tableau. Le niveau de détail dans les décors, les kimonos, les chevelures et les visages est admirable, les couleurs sont somptueuses et on ressent une sensibilité très féminine dans les personnages, y compris dans celui du héros principal. Il y a quelques illustrations en pleine page qui sont d’une élégance rare, et à cela s’ajoute une vingtaine de pages en fin d’ouvrage où il sera possible d’en prendre plein les yeux face au talent de cette dessinatrice, qui conjugue à la perfection l’esthétisme et le raffinement. C’est simple, on a le sentiment de parcourir une petite galerie de peintures chinoises où la minutie et la grâce de chaque oeuvre est un pur moment de contemplation et de délectation.

 

Notation 6

Un coup de coeur pour l’esthétique fabuleuse !

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[Chronique] Chinese Girls

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Date de sortie : 13 novembre 2014
Editeur : Pika
Nombre de pages : 160
Prix : 12,50 €

Résumé

Par ses illustrations aux couleurs vibrantes et ses textes émouvants, Benjamin, célèbre auteur de BD chinoise, nous livre dans cet album des portraits de jeunes chinoises en pleins tourments amoureux. Des travaux préparatoires en fin d’album offrent une vision nouvelle sur les travaux de l’artiste.

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Contenu

Avec Chinese Girls, Benjamin nous propose une chronique de la Chine actuelle à travers 100 portraits de filles qu’il a parfois imaginé ou simplement croisé ou observé dans les rues de Beijing. Si les dessins et peintures ont une grande place dans ce beau livre (édité en deux versions), il n’est pas exempt de textes, ce qui permet d’apporter des précisions quant aux intentions et à la vision de l’auteur, mais aussi son rapport à l’amour. Chinese Girls fait suite à plusieurs manhuas (mangas chinois) et le graphisme assez singulier est très fidèle à son style. Travaillant exclusivement sur tablette graphique, Benjamin est un artiste qui a le sens du détail mais propose aussi des oeuvres plus abstraites, où il nous faut deviner parfois un objet, une expression, une situation… Un flou recherché qu’il manipule avec une rare habileté, nous poussant vers la réflexion pour saisir chaque nuance. Chinese Girls est avant tout l’occasion de découvrir la place que peuvent avoir les femmes en Chine, et il est passionnant de lire et de voir ce que Benjamin nous montre et décrit avec brio. 

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Mon avis

La couverture reflète à elle-seule la beauté fantastique de cet artbook très spécial. J’ai apprécié ce franc parler dans les textes, mêlée à une pudeur caractéristique à la culture chinoise. C’est très mélancolique, parfois tragique, mais c’est avant tout une fenêtre sur un monde dont on ne connait finalement pas grand chose. Il y a une sensibilité et un respect des femmes, bien qu’il ne ménage pas toujours ses propos – ses descriptions sont parfois si franches qu’elles peuvent surprendre ! La maitrise des couleurs fait de Benjamin un artiste que j’admire vraiment, notamment dans cet ouvrage où les femmes y sont belles, tour à tour fortes et fragiles, perdues ou résolues avec un regard éloquent ou intriguant. Finalement, chaque portrait est une rencontre qui dégage des émotions, une poésie. L’amour, quant à lui, est d’une grande complexité, tumultueux aussi, comme s’il s’agissait d’une énigme qui ne pourrait être résolue. On se ressort pas indemne de ce périple, mais le voyage vaut clairement la peine d’être vécu. 

Notation 6

Un véritable coup de coeur pour une oeuvre unique ! 

 

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[Chronique] Colorful

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Date de sortie cinéma : 16 novembre 2011
Durée : 2h06min
Genres : Drame, Fantastique
Un film d’animation japonais de Keiichi Hara

Synopsis

Un esprit gagne une deuxième chance de vivre à condition d’apprendre de ses erreurs. Il renait dans le corps de Makoto, un élève de 3ème qui vient de mettre fin à ses jours. L’esprit doit endurer la vie quotidienne de cet adolescent mal dans sa peau. Avançant à tâtons, s’efforçant de ne pas reproduire les fautes de Makoto, il va finalement découvrir une vérité qui va bouleverser son existence.

Mon avis

J’ai mis longtemps avant de voir Colorful. Il faisait parti de ces films qu’il me tenait à coeur de voir car il avait éveillé une certaine curiosité à travers son résumé qui contrastait avec la jaquette du bluray. Peut-être une appréhension, la peur d’être déçu… Pourtant, bon sang qu’est ce que ce film est bouleversant, profond et réaliste. Il me sera difficile de résumé avec justesse ce que ces deux heures de film ont provoqué en moi, c’est juste le genre de film qui me fait dire que l’animation japonaise sait mieux traiter que quiconque des problèmes fondamentaux de notre société.

Ici, le suicide et la réincarnation sont au coeur de l’histoire, mais la prostitution sera aussi évoquée avec un certain recul, juste de quoi nous faire réfléchir. Les sujets traités sont très sensibles mais le ton adopté dans la narration est plus léger – pas de dramatisation ou de surenchère – et les personnages sont attachants – sauf le héros, qui nous rappelle que souvent, nos comportements et réactions sont disproportionnés et irréfléchis. Alors on s’agace de voir son attitude, de le voir baisser les bras, de manquer de clairvoyance alors que nous-même ne ferions peut être pas mieux à sa place. Le film est construit de manière pertinente, il y a une vraie sensibilité derrière chaque personnage, je retiens particulièrement celui de la mère de Makoto, mais aussi de la jeune Hiroka.

Esthétiquement, le film est très agréable même s’il n’est pas d’une beauté aussi transcendante que la manière dont il traite certains propos ; mais on se moque bien de ce genre de détails lorsque la beauté se trouve ailleurs. J’ai été touché et ébloui par ce film, que je recommande à toutes celles et ceux qui voudraient comprendre notre société, prendre conscience de la gravité de certains actes et remettre en question les choix et comportements que nous pouvons avoir.

Notation 6

Un film éblouissant de réalisme et d’intelligence.

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