[Chronique] Le Pavillon de l’Aile Ouest

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Date de sortie : Août 2007
Editeur : Xiao Pan
Nombre de pages : 112.
Prix : Environ 12 € (Occasion – RARE)

Résumé

Xi Xiang Ji est l’un des grands classiques d’histoire d’amour en Chine. Tiré à l’origine d’une nouvelle écrite au IXme siècle, adapté pour le théâtre par WANG Shifu, il raconte l’idylle entre la fille de nobles chinois, et un jeune lettré préférant vagabonder plutôt qu’étudier. Mais l’Amour lui fera donner le maximum de lui-même, afin de conquérir, surtout, le coeur de sa (future) belle-mère.

Mon avis

Voici une bande-dessinée chinoise tout à fait particulière. Déjà, il faut noter la singularité du livre en lui-même puisque les pages sont plus épaisses et couleur sépia, donnant un aspect un peu « ancien » très réussi se mariant à merveille avec le dessin de Guo Guo. D’ailleurs on ne va pas passer par quatre chemins : c’est très, très beau. J’ai rarement été autant émerveillé par les illustrations mais j’y reviens un peu plus loin. Parlons du scénario, hélas assez secondaire et donnant l’impression qu’il n’est que prétexte pour admirer le travail de l’artiste.

Il s’agit d’une histoire d’amour très classique entre une fille d’une grande famille et un homme issu d’un milieu plus modeste. Les circonstances les amènent à se rencontrer alors qu’elle semble inatteignable. Puis elle apprend qu’elle doit épouser un homme de haut rang plutôt malsain, tandis que la ville est attaquée. Tout s’enchaîne à une vitesse folle et le dénouement survient si vite qu’on n’a absolument pas le temps de l’apprécier. C’est léger, pas franchement original mais loin d’être désagréable. J’ai apprécié cette simplicité, ce coté très suranné. Il faut simplement aimer les histoires (très) fleur bleue (moi j’aime bien hihi !) et accepter de lire une histoire qui se contente de faire le minimum (le nombre de pages y oblige).

La grande force de cet ouvrage, ce sont donc les illustrations de Guo Guo qui font de chaque case un tableau. Le niveau de détail dans les décors, les kimonos, les chevelures et les visages est admirable, les couleurs sont somptueuses et on ressent une sensibilité très féminine dans les personnages, y compris dans celui du héros principal. Il y a quelques illustrations en pleine page qui sont d’une élégance rare, et à cela s’ajoute une vingtaine de pages en fin d’ouvrage où il sera possible d’en prendre plein les yeux face au talent de cette dessinatrice, qui conjugue à la perfection l’esthétisme et le raffinement. C’est simple, on a le sentiment de parcourir une petite galerie de peintures chinoises où la minutie et la grâce de chaque oeuvre est un pur moment de contemplation et de délectation.

 

Notation 6

Un coup de coeur pour l’esthétique fabuleuse !

Galerie

[Chronique] Chinese Girls

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Date de sortie : 13 novembre 2014
Editeur : Pika
Nombre de pages : 160
Prix : 12,50 €

Résumé

Par ses illustrations aux couleurs vibrantes et ses textes émouvants, Benjamin, célèbre auteur de BD chinoise, nous livre dans cet album des portraits de jeunes chinoises en pleins tourments amoureux. Des travaux préparatoires en fin d’album offrent une vision nouvelle sur les travaux de l’artiste.

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Contenu

Avec Chinese Girls, Benjamin nous propose une chronique de la Chine actuelle à travers 100 portraits de filles qu’il a parfois imaginé ou simplement croisé ou observé dans les rues de Beijing. Si les dessins et peintures ont une grande place dans ce beau livre (édité en deux versions), il n’est pas exempt de textes, ce qui permet d’apporter des précisions quant aux intentions et à la vision de l’auteur, mais aussi son rapport à l’amour. Chinese Girls fait suite à plusieurs manhuas (mangas chinois) et le graphisme assez singulier est très fidèle à son style. Travaillant exclusivement sur tablette graphique, Benjamin est un artiste qui a le sens du détail mais propose aussi des oeuvres plus abstraites, où il nous faut deviner parfois un objet, une expression, une situation… Un flou recherché qu’il manipule avec une rare habileté, nous poussant vers la réflexion pour saisir chaque nuance. Chinese Girls est avant tout l’occasion de découvrir la place que peuvent avoir les femmes en Chine, et il est passionnant de lire et de voir ce que Benjamin nous montre et décrit avec brio. 

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Mon avis

La couverture reflète à elle-seule la beauté fantastique de cet artbook très spécial. J’ai apprécié ce franc parler dans les textes, mêlée à une pudeur caractéristique à la culture chinoise. C’est très mélancolique, parfois tragique, mais c’est avant tout une fenêtre sur un monde dont on ne connait finalement pas grand chose. Il y a une sensibilité et un respect des femmes, bien qu’il ne ménage pas toujours ses propos – ses descriptions sont parfois si franches qu’elles peuvent surprendre ! La maitrise des couleurs fait de Benjamin un artiste que j’admire vraiment, notamment dans cet ouvrage où les femmes y sont belles, tour à tour fortes et fragiles, perdues ou résolues avec un regard éloquent ou intriguant. Finalement, chaque portrait est une rencontre qui dégage des émotions, une poésie. L’amour, quant à lui, est d’une grande complexité, tumultueux aussi, comme s’il s’agissait d’une énigme qui ne pourrait être résolue. On se ressort pas indemne de ce périple, mais le voyage vaut clairement la peine d’être vécu. 

Notation 6

Un véritable coup de coeur pour une oeuvre unique ! 

 

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