Billet d’humeur n°4 – 27/04/2021

Changer de vie. C’est un peu la réflexion permanente que j’ai en tête ces dernières semaines. Un changement radical. Pour délaisser bon nombre de mauvaises habitudes d’une part, et quitter un contexte trop urbain, trop bruyant et pas assez « zen ». Dans ce billet d’humeur (rédigé juste avant de me faire arracher deux dents de sagesse), j’avais à coeur d’évoquer ce que j’entend par changement de vie. Les grandes lignes tout du moins.

Déjà, il y a le lieu d’habitation. C’est un peu un sujet qui m’obsède ces temps-ci. Je ne me vois pas rester vivre là où je suis actuellement, car les voisins sont bruyants et le quartier se dégrade. Certes il y a de quoi se balader dans la nature à proximité mais je ne me sens plus aussi bien chez moi. J’adore pourtant la mezzanine dans laquelle j’ai mon coin mais même ça, je n’arrive plus à l’apprécier. Parce qu’il y a trop de choses. C’est de ma faute puisque j’ai acheter trop de choses les années précédentes mais je ne prend pas le temps d’apprécier ce que je possède et qui a de la valeur à mes yeux – parmi d’autres choses plus superflues, plus dispensables. Je ne saurai dire, mais j’ai le sentiment que de continuer à vivre dans le même lieu ne m’aidera pas à vivre un grand changement. Après, c’est aussi une idée que je ne dois pas trop entretenir si je veux instaurer des changements avant un éventuel déménagement. Et c’est indispensable.

Où vivre alors ? Eh bien, je n’arrête pas de penser aux Tiny House. Si je devais vivre quelque part, ce serait dans ce genre de petite maison où on vit de l’essentiel et où tout est bien aménagé. Où on ne peux pas entasser des tas de livres et où tout à un sens. Un lieu de vie isolé du reste, pas forcément en marge mais dans un petit cocon de simplicité, qui va a l’essentiel.

Après, il y a les habitudes de vie, l’hygiène de vie. Ce matin, je me suis remis sur une balance pour voir mon poids et ça a été la douche froide – déjà que ce n’était pas rose avant. L’activité sportive doit être un axe important des prochaines semaines, en espérant que les piscines puissent très prochainement rouvrir pour aller en complément de la course à pied et autre activité sportives que je pourrais mettre en place – y compris de façon ludique à la maison.

Il y a aussi ma « relation » avec le smartphone, qui est trop chronophage et dont j’aimerai apprendre à m’éloigner – et je parle de l’usage hors messages et appels qui sont assez anecdotiques. Parfois, j’ai envie de revenir à un téléphone basique avec lequel on peut juste envoyer et recevoir appels et messages justement. C’est une réflexion sérieuse mais je sais que je pourrais la mettre en place si je devais atterrir dans une Tiny House par exemple.

J’aspire aux grands changements. Aux grandes révolutions personnelles pour sortir la tête de l’eau. Ça reste encore à l’état de réflexion mais j’espère pouvoir mettre en oeuvres des petits changements qui pourraient en entrainer de plus grands. Ça devient indispensable. En fait, ça l’est même depuis un moment. On verra bien ce que ça donne avec le temps.

Sinon, la semaine écoulée était encore très en deçà de ce que j’espérais réussir à mettre en oeuvre. Reste que j’ai pu avancer la reconstruction de mes Volutes Féminines 2.0 avec un inventaire de texte qui s’établit pour le moment à 53 textes – il n’en faudra que 50. Il me manquait trois titres de textes et hier, en me baladant en forêt, j’en ai trouvé deux qui me conviennent très bien. Il ne reste plus qu’à rédiger tout ça. Dans mes plans, j’ai prévu de réécrire au moins trois textes cette semaine. On verra si m’y tiens. En attendant, je dois aller me faire arracher les dents de sagesse. Ça promet d’être palpitant… ou pas.

Billet d’humeur n°3 – 19/04/2021

J’écris ce troisième billet d’humeur avec un état d’esprit un peu étrange. Déjà, la semaine qui vient de s’écouler a été purement catastrophique. Je n’ai rien accompli de bon, j’ai été extrêmement fatigué et très souvent déprimé. Niveau écriture, l’envie de me relancer dans un projet, mais aucune « force » pour m’y lancer suffisamment. Un projet qui est passé à la vitesse supérieure en ce premier jour de cette troisième semaine d’avril. J’ai pu y mettre davantage d’ordre, quelques idées germent de façon plus concrète et c’est motivant.

Ensuite que dire ? Ce week-end s’est très bien passé, en excellente compagnie puisque j’étais avec de très bons amis, nous avons beaucoup joué et partagé de chouettes repas. Une véritable bouffée d’air frais que d’être avec eux, surtout après une semaine si difficile moralement. Ce week-end encore, je me suis attelé à une énième tentative d’organisation sur une fiche Bristol, de manière à synthétiser ce qu’il me faudrait accomplir. Ce genre d’initiative a tendance à créer deux sentiments paradoxales : un « soulagement » d’avoir fait ça et le contre-coup de me dire que c’est la énième fois que je le fais. Le sentiment de stagner et la frustration que cela entraîne est d’autant plus forte.

Le projet dont je parle dans le premier paragraphe, c’est la fameuse mise en chantier des « Volutes féminines 2.0 » que j’ai évoqué la semaine dernière. Je commence à y voir plus clair, mes intentions ont changées, évoluées. Par contre, c’est douloureux de relire des textes écrits précédemment et qui étaient particulièrement mauvais… Il m’arrive parfois de me dire que je ne suis vraiment pas doué pour écrire, mais je me force de ne pas y croire pour ne pas abandonner mon roman. Car si je ne l’écris pas, je pense que je m’effondrerai totalement.

Je n’ai pas grand-chose à ajouter de plus, si ce n’est que je débute cette semaine avec davantage d’espoir et un peu moins de déprime. Je ne me fais pas trop d’illusions et je me sens encore assez mal dans ma peau, j’accumule les migraines et la fatigue reste omniprésente, mais à côté de ça, je commence à y voir un peu plus clair dans mon projet actuel et ça m’aide à tenir le coup. Ah et aussi, j’ai eu l’occasion de relire un texte qui parle de mon ancienne meilleure amie, Elidia – à qui j’ai envoyé un courrier qui est resté sans réponse. Un texte qui m’a été très difficile de relire (aussi parce que c’était mal écrit) et qui a ravivé des souvenirs douloureux. Qui m’a rappelé aussi de gros pans de mon passé et qui me fait dire que tout ça est encore beaucoup trop ancré en moi. A cela s’ajoute ma relation avec une autre de mes meilleures amies avec qui je reprend contact et qui, à ce jour, ne semble pas vraiment prête a renouer avec notre amitié. Tout du moins, il semble impossible à présent de retrouver ce que l’on a vécu. Qu’il me faille faire le deuil – une fois encore – de cette relation amicale. Et j’avoue que tout ça est très difficile à encaisser.

Billet d’humeur n°2 – 12/04/2021

Second billet d’humeur et… je suis dans les temps. Cette semaine, les nuits ont été difficiles. Non pas à cause d’un manque de sommeil mais plutôt la succession de cauchemars. Bon, rien de très inhabituel me concernant mais disons que c’était des rêves plus étranges, plus… violents ? Du coup, ça m’a plutôt perturbé dans mes journées.

Niveau écriture, je travaille sur la réécriture de deux anciennes Volutes féminines qui n’ont pas été publiées dans le recueil de 2017. Ce sont deux textes que j’aime bien dans le sens où ils jouent sur des sonorités, sur des effets de répétition qui m’exercent et me poussent dans mes retranchements. Ce n’est pas le genre de texte facile à aborder et c’est un peu bizarre de m’attarder dessus alors que je peine à écrire mais je me dis peut-être que si j’arrive à être satisfait de ces réécritures, ça me redonnera un peu d’élan et de la confiance pour mon roman.

Ces derniers jours ont étés mitigés. Socialement parlant, j’ai eu la possibilité de jouer avec pas mal de mes proches et amis (en ligne, étant donné la situation). J’ai commencé quelques séances d’auto-hypnose mais ça demande à être approfondie cette semaine. Je n’ai pas assez lu, je n’ai pas assez écrit et j’ai eu pas mal de petits passages à vide. Je n’ai toujours pas eu de réponse à deux de mes courriers et j’avoue que ça m’affecte un peu moralement.

La « bonne » nouvelle de la semaine, c’est mon intention de faire une version 2.0 des Volutes féminines. D’en faire un recueil plus abouti. Ça va rester dans l’auto-édition mais plus modeste encore. Pas de financement ni de quelconque prétention en terme de visibilité. Pas de photographies à l’intérieur, des textes peut-être moins nombreux mais plus longs et une couverture que je vais essayer de soigné du mieux possible… Je pense faire imprimer des exemplaires papier sur un site comme Thebookedition pour ensuite les déposer dans des boîtes à lire ou l’offrir à mes proches.

Que dire d’autre ? Le sentiment de stagner est encore bien présent, j’ai un mal fou à me concentrer et mes humeurs font les montagnes russes mais bon, je m’accroche et il faudrait que je trouve un médecin traitant – étant donné qu’on ne souhaite pas répondre à mon courrier. Bref, sept jours se sont écoulés et pour le moment, on ne peut pas dire que les choses avancent. Peut-être la semaine prochaine ?

[Artiste] Guweiz

Article bilingue (Français / English) – Translation by DeepL.com
Toutes les illustrations appartiennent à Guweiz
All artwork is Copyright © Gu Zheng Wei

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Présentation / Presentation

Zheng Wei Gu (alias Guweiz) est un illustrateur freelance né à Singapour. Passionné par l’ambivalence qui caractérise les jeux vidéo, il se lance en 2013 dans le dessin et se découvre un talent inné. Il achète une tablette graphique et poursuit ses efforts pour affiner son style et trouver ses marques. Si l’on ressent de nombreuses inspirations au début de son parcours (je pense notamment à Ilya Kuvshinov sur certaines illustrations), ses dessins trouvent une identité plus marquée dès l’année 2016 lorsqu’il expérimente diverses techniques en terme de visuels et d’effets. Autodidacte, il excelle rapidement dans le « Digital Painting » et ne cesse de progresser. Ses portraits gagnent en personnalité et deviennent de véritables icônes dans un univers fantastique dont il esquisse peu à peu les contours. D’une générosité rare et d’un sens du détail hors norme, Guweiz publie ses créations sur diverses plates-formes (Deviantart, Artstation, Instagram…) et peut compter sur le soutien d’une communauté grandissante. Le lancement d’une campagne Kickstarter en 2020 pour la sortie d’un premier artbook est couronné de succès avec plus de 5500 contributeurs. Il est publié en fin d’année chez 3dtotal Publishing, un éditeur dont la qualité des ouvrages est indiscutable et qui fait donc honneur à la précision des tableaux peints par l’artiste. L’année 2020 voit aussi la naissance d’une nouvelle série de portraits « Bad Guys » qui prouve une fois encore le savoir-faire de l’artiste.

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Zheng Wei Gu (aka Guweiz) is a freelance illustrator born in Singapore. Fascinated by the ambivalence that characterizes video games, he started drawing in 2013 and discovered an innate talent. He buys a graphic tablet and continues his efforts to refine his style and find his marks. If we feel many inspirations at the beginning of his career (I think in particular of Ilya Kuvshinov on some illustrations), his drawings find a more marked identity from the year 2016 when he experiments various techniques in term of visuals and effects. Self-taught, he quickly excels in « Digital Painting » and does not stop progressing. His portraits gain in personality and become true icons in a fantastic universe whose outlines he sketches little by little. With a rare generosity and an outstanding sense of detail, Guweiz publishes his creations on various platforms (Deviantart, Artstation, Instagram…) and can count on the support of a growing community. The launch of a Kickstarter campaign in 2020 for the release of a first artbook is successful with over 5500 contributors. It is published at the end of the year by 3dtotal Publishing, a publisher whose quality of books is indisputable and which thus honors the precision of the paintings made by the artist. The year 2020 also sees the birth of a new series of portraits « Bad Guys » which once again proves the artist’s expertise.

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Son univers / His world

Tout d’abord, il faut savoir que le monde de Guweiz est peuplé de femmes et de chats noirs (enfin presque toujours !). Les figures féminines représentées ont beaucoup de charisme tant l’artiste travaille minutieusement les expressions de ses personnages. Il suffit de le constater avec les quelques illustrations qui parsèment cet article. Tantôt mélancoliques, guerrières ou dangereuses, ces femmes dégagent une aura particulière qui pourraient presque suffire à raconter leur histoire. Pourtant, force est de constater à quel point Guweiz travaille ses décors, qui posent ses héroïnes de fort belle manière. Souvent urbains, parfois ancré dans un univers cyberpunk ou médiéval, les scènes peuvent aussi prendre place dans une réalité pas si éloignée de la nôtre, comme avec sa récente série Bad Guys. Le choix des couleurs fait par ailleurs l’objet d’une recherche très approfondie pour accentuer chaque mise en scène.

Guweiz - Your lie in April

Ici, on note un vrai travail sur la lumière en arrière-plan dans une scène qui n’est pas sans rappeler le manga et animé Your lie in April. Est-ce un clin d’oeil à Kaori Miyazono ?
Here, we note a real work on the light in the background in a scene that is reminiscent of the manga and anime Your lie in April. Is it a wink to Kaori Miyazono?

First of all, it is necessary to know that the world of Guweiz is populated with women and black cats (well almost always!). The female figures represented have a lot of charisma as the artist works meticulously the expressions of his characters. It is enough to notice it with the few illustrations which scatter this article. Sometimes melancholic, warlike or dangerous, these women give off a particular aura that could almost be enough to tell their story. However, it is clear how much Guweiz works on her settings, which pose her heroines in a very beautiful way. Often urban, sometimes anchored in a cyberpunk or medieval universe, the scenes can also take place in a reality not so far from ours, as with his recent series Bad Guys. The choice of colors is also the subject of a very thorough research to accentuate each setting.

Guweiz - une de mes préférées

Une jeune femme au bord du vide, dans un décor très urbain accompagnée… d’un chat noir.
A young woman at the edge of the void, in a very urban setting accompanied by… a black cat.

Guweiz - Couleurs

Rares sont les illustrations avec des couleurs aussi printanières.
Mais une mélancolie se dégage tout de même de ce tableau.
Rare are the illustrations with such spring colors.
But a melancholy is still present in this painting.

Step-by-step

Guweiz - bannière projet

De mauvaises personnes ? / Bad Guys ?

Série de portraits dont les publications poursuivent leurs cours, Bad Guys met en scène des femmes hors-la-loi parfois couvertes de sang et armées jusqu’au dent. Le contraste vestimentaire est ici assez intéressant avec d’un côté des femmes leader dans leur costume trois pièces et de l’autre des femmes particulièrement séduisantes. Une séduction qui pourrait peut-être servir d’appât pour l’ennemi, comme pour attirer la proie dans ses filets. Quelques éléments visuels reviennent souvent comme la pluie ou la cigarette, tandis que les décors sont un peu crasseux ou communs (comme des toilettes ou des rues insalubres). La colorimétrie est également différente, notamment dû à des éclairages plus rares et une météo moins favorable. D’ailleurs, en visualisant successivement les différents tableaux, on peut distinguer possiblement deux clans (cheveux blancs et cheveux noirs), deux façons de procéder qui divergent. Armes à feu contre armes blanches ? Séductrices dangereuses contre tueuses à gages ? Une histoire se dessine ou du moins s’interprète et se joue devant nous en filigrane. C’est en tout cas fascinant d’approfondir son niveau de lecture à travers chaque illustration que l’artiste nous fait découvrir. Quels rôles ont vraiment ces femmes dans un monde que l’on imagine plutôt masculin ? Cet univers plus ancré dans notre réalité se révèle en tout cas très intriguant et s’étoffe au fil des mois grâce au talent de Guweiz.

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Sensuelle… mais dangereuse.
Sensual… but dangerous.

Series of portraits whose publications continue, Bad Guys puts in scene women outlaws sometimes covered with blood and armed. The clothing contrast is quite interesting here with on one side leading women in their three-piece suits and on the other side particularly seductive women. A seduction that could perhaps serve as bait for the enemy, as if to attract the prey in its nets. Some visual elements come up often like rain or cigarettes, while the settings are a bit grimy or common (like toilets or unsanitary streets). The colorimetry is also different, notably due to less lighting and less favorable weather. Moreover, by visualizing successively the different paintings, one can distinguish possibly two clans (white hair and black hair), two ways of proceeding which diverge. Firearms versus knives? Dangerous seductresses versus hired killers? A story is taking shape, or at least is being interpreted and played out in front of us in the background. It is in any case fascinating to deepen one’s reading through each illustration that the artist makes us discover. What roles do these women really have in a world that we imagine to be rather masculine? This universe, more anchored in our reality, proves to be very intriguing in any case, and it is getting richer with each passing month through the talent of Guweiz.

Guweiz - Influence

Son influence sur « Il était une femme… »
His influence on my novel

Les héroïnes de Guweiz ont quelque chose dans le regard, dans leur attitude. Elles dégagent des émotions complexes si on observe bien leur posture et les expressions du visage. Elles ont une féminité et un caractère qui trouvent une résonance dans certains de mes personnages. Une forme de révolte et de violence sous-jacente – uniquement psychologique dans mon récit – qui s’exprime visuellement dans les portraits de Guweiz. Certains me rappellent mon héroïne, à travers cette féminité et leur éloquence – en particulier dans leur mélancolie et la présence d’une cigarette – puisque mon héroïne est une fumeuse. Ceci est parfaitement illustré par la peinture de Guweiz présente ci-dessus et qui s’intitule « Train stop ». Il pourrait s’agir de mon héroïne dans la toute première scène du prologue. Il suffirait juste de changer le contexte (il s’agit d’un parc) et sa tenue (plus en phase avec notre réalité). Pour être honnête, j’aime à penser que ce portrait pourrait être la couverture de mon roman, avec ces quelques modifications. Mais loin de moi l’idée de me dire que cela pourrait un jour arrivé haha !

The heroines of Guweiz have something in their look, in their attitude. They give off complex emotions if you observe their posture and facial expressions. They have a femininity and a character that resonates with some of my characters. A form of revolt and underlying violence – only psychological in my story – that is visually expressed in the portraits of Guweiz. Some of them remind me of my heroine, through their femininity and their eloquence – especially in their melancholy and the presence of a cigarette – since my heroine is a smoker. This is perfectly illustrated by the Guweiz painting above, entitled « Train stop ». This could be my heroine in the very first scene of the prologue. We would just have to change the context (it’s a park) and her outfit (more in line with our reality). To be honest, I’d like to think that this portrait could be the cover of my novel, with these few changes. But far be it from me to think that this could ever happen haha!

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Interview avec l’artiste
Interview with the artist

Tout d’abord, un grand merci à vous de répondre à mes questions et de nous éclairer davantage sur vos travaux.
First of all, many thanks to you for answering my questions and shedding more light on your work.

Mick : Mis bout à bout, vos illustrations semblent nous raconter une histoire, poser un contexte et définir peu à peu les traits de personnalités de chacune de vos héroïnes. Travaillez-vous avec un scénario en tête pour concevoir vos illustrations ou est-ce au contraire les illustrations qui construisent d’elles-même leur histoire ?
Put together, your illustrations seem to tell us a story, to set a context and to define little by little the personality traits of each of your heroines. Do you work with a scenario in mind to conceive your illustrations or is it on the contrary the illustrations that build their story by themselves?

Guweiz : C’est un peu des deux, parfois le processus de dessin fait ressortir davantage l’histoire, ou bien il raconte une histoire différente à la fin. Je commence avec un objectif approximatif en tête, mais il n’est pas gravé dans la pierre.
It is a bit of both, sometimes the drawing process brings out more of the story, or end up telling a different story in the end. I do start with a rough goal in mind, but it’s not set in stone.

Guweiz - ITW Histoire

Mick : Il est assez flagrant de constater que chaque portrait dégage des émotions très marquées. Les regards, expressions et postures y sont pour beaucoup. Vos personnages ont-ils un vécu, un passé ? Y a t’il un fil conducteur pour chacun d’eux ?
It is quite obvious that each portrait gives off very strong emotions. The looks, the expressions and the postures have a lot to do with it. Do your characters have a past? Is there a common thread for each of them?

Guweiz : Pas tout à fait dans un sens sophistiqué, les personnages récents sont plus ou moins conçus pour s’intégrer dans le même « univers », mais au-delà de ça, je pense que les points communs sont principalement le résultat de préférences stylistiques.
Not quite in a sophisticated sense, the recent characters are more or less designed to fit in the same « universe », but beyond that I think commonalities are mainly results of stylistic preference.

Mick : Au début de votre artbook, vous dites avoir été influencé dès votre plus jeune âge par les jeux vidéo, par les histoires qu’ils racontent. Quelles sont les œuvres qui vous ont le plus influencé ?
At the beginning of your artbook, you say you were influenced from a young age by video games, by the stories they tell. What are the works that have influenced you the most?

Guweiz : Je pense que les jeux les plus mémorables sont Mass Effect, Starcraft et, fait intéressant, quelques jeux de stratégie, comme Rome Total War et Age of Mythology.
I think a few of the memorable games were Mass effect, Starcraft and interestingly a few strategy games as well, like Rome total war and Age of Mythology

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Mick : Vos premières illustrations étaient ancrés dans notre réalité, souvent avec un angle mélancolique. Vous avez ensuite dessiné des sorcières, des guerrières ou mercenaires dans des décors plus fantastiques ou futuristes. Avec la série de portraits Bad Guys, vous semblez revenir vers quelque chose de plus ancré dans notre réalité. Ces femmes font-elles parti d’une mafia au féminin, sont-elles des justicières qui luttent contre une forme d’oppression masculine ou est-ce encore autre chose ?
Your first illustrations were anchored in our reality, often with a melancholic angle. You then drew witches, warriors or mercenaries in more fantastic or futuristic settings. With the Bad Guys portrait series, you seem to be returning to something more anchored in our reality. Are these women part of a female mafia, are they vigilantes fighting against a form of male oppression or is it something else?

Guweiz : Je les laisse libre d’interprétation, jusqu’à ce que je trouve le temps de planifier ou d’écrire correctement un récit.
I will leave them up to interpretation, until when I do find time to properly plan or write a narrative.

Guweiz - Sourire

Mick : Dans votre artbook, il n’y a qu’à la page 100/101 que nous pouvons voir un personnage sourire. Est-ce que la joie est une expression qui ne sied pas à votre univers ? Vos héroïnes sont-elles toutes empreinte de mélancolie ou de colère ?
In your artbook, only on page 100/101 we can see a character smiling. Is joy an expression that doesn’t suit your universe? Are your heroines all melancholic or angry?

Guweiz : La joie n’est pas un trait commun, principalement parce que je ne demande généralement pas aux personnages de « poser » ou de « jouer » devant un appareil photo. Dans la vie réelle, nous ne sourions et n’exprimons de la joie que lorsqu’il y a une bonne raison de le faire. J’imagine donc que si quelqu’un prenait en secret des photos de personnes prises au hasard dans la rue, la plupart des gens auraient un visage plutôt neutre. Cependant, j’ai une préférence pour le dramatique, donc je suppose que les froncements de sourcils et les visages féroces vont de pair.
Joy is not a common feature mainly because I usually don’t get the characters to « pose » or « act » for the camera. In real life we ourselves really only smile and express joy when there is a good reason to, so I’d imagine if someone snapped pictures of random people on the street secretly, most people would have more of a neutral face. However, I do have  a preference for the dramatic, so I guess the frowns and fierce faces come with that as well.

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Animation 3D sur Instagram

Mick : En février 2017, vous avez partagé une animation 3D très réussie qui donnait vie à l’une de vos illustrations. En visionnant celle-ci, on peut aussi bien s’imaginer un jeu vidéo qu’un film d’animation. Peut-on s’attendre à ce que vous exploriez d’autres horizons par la suite ?
In February 2017, you shared a very successful 3D animation that brought one of your illustrations to life. When viewing this one, one can imagine a video game as well as an animated film. Can we expect you to explore other horizons later on?

Guweiz : C’est possible, mais pour l’instant, je me concentre sur le perfectionnement de mon métier de base, la peinture.
It is possible, but at the moment, I am focused on honing my « base » craft of painting.

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Mick : Pour finir, vos travaux me font parfois penser à du Makoto Shinkai dans les compositions, notamment avec la pluie, la mélancolie, les environnements détaillés et la profondeur de vos personnages. Simples coïncidences ou est-ce une de vos inspirations ?
Finally, your works sometimes remind me of Makoto Shinkai in the compositions, especially with the rain, the melancholy, the detailed environments and the depth of your characters. Is it just a coincidence or is it one of your inspirations ?

Guweiz : J’apprécie ses films, et ils sont très beaux ! Je pense que dans un certain sens, ils m’influencent inconsciemment.
I do enjoy his movies, and they are very pretty! I think in some sense they do influence me subconsciously

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Je vous remercie beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. C’est un honneur pour moi d’avoir eu cet échange avec vous. Je vous souhaite le meilleur pour la suite !
Thank you very much for taking the time to answer my questions. It is an honor to have had this exchange with you. I wish you all the best for the future!

Pour en savoir plus

(French only)

L’artiste Guweiz est d’une générosité assez rare vu le travail effectué. Il partage avec sa communauté ses travaux sur son Patreon en échange d’une somme accessible à tous. Voici le lien qui vous permet d’accéder chaque mois à ses dernières oeuvres en échange de 5 petits dollars (et un peu moins en euros) :

Patreon de Guweiz

La série « Bad guys », qui est encore très récente et ne cesse de s’enrichir, est aussi visible sur son compte Instagram. Je vous invite chaleureusement à le consulter (et à le suivre) ici :

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Instagram de Guweiz

De plus, il a sorti l’année dernière un formidable artbook extrêmement complet et riche en magnifiques illustrations. On y voit l’évolution dont je parle plus haut jusqu’à ses oeuvres précédant sa série « Bad guys ». Le lien sous la couverture vous permettra d’en visualiser le contenu :

Artbook Guweiz

Présentation de l’artbook de Guweiz

Les liens pour se le procurer :
Site officiel de 3D Total 
Sur Book Depository
Sur Amazon France

Billet d’humeur n°1 – 05/04/2021

Difficile de savoir comment débuter ce premier billet d’humeur. Tout simplement parce qu’il faut remonter loin en arrière pour retrouver une trace de cet exercice d’écriture. Le but de tout ça ? Faire un peu le point de manière générale, sur l’écriture et tout ce qui gravite autour sans entrer forcément dans l’intime ou dans la complainte. Ma démarche s’apparente plutôt à un état des lieux.

En juillet, cela fera douze ans que l’écriture de mon roman a débuté. C’est « drôle » car j’ai toujours eu en tête de débuter par un prologue, et bien que celui-ci ait beaucoup évolué dans sa forme au fil des années, il est toujours présent et n’a pas tant changer dans le fond : la rencontre fortuite entre un homme et une femme. Une amorce somme toute banale que j’ai voulu rendre singulière et simple à la fois en intégrant cette part de timidité, d’observation de part et d’autre et de silences révélateurs. Après une multitude de versions (douze il me semble), je suis heureux d’avoir enfin trouvé le point de départ qui me satisfait pleinement. Mais douze ans, c’est long…

Le temps défile et mes vingt-quatre ans sont devenus trente-six. C’est un coup dur au moral de se dire qu’après tant de temps, ce roman est encore inachevé. Entre l’insatisfaction des premières versions qui, avec le recul, n’allaient pas dans la bonne direction, et les réécritures successives qui amélioraient ou gommaient des pans entiers du récit, mon roman n’a jamais été plus loin que le chapitre dix-sept (dont la moitié inachevés) et les 81.000 mots. C’était en 2016. 

En 2013, alors que le rythme d’écriture est plutôt correct, je publie et partage sur un forum d’écriture le début de ce roman. C’est même la publication régulière des chapitres sur ce lieu d’échange entre jeunes écrivains qui redonne un élan à la rédaction, me permettant d’aller jusqu’au partage du septième chapitre. Les avis sont globalement positifs, le roman est beaucoup lu et il est même choisi comme coup de coeur parmi les centaines d’autres récits présents sur le forum. Et pourtant, cette reconnaissance du public ne va pas aider à ce que l’écriture du roman se poursuive…

Je fais un énième blocage. Entre une vie professionnelle chronophage et éreintante (avec des temps de transport allant jusqu’à trois heures par jour), et la pression sur mes épaules pour ne pas décevoir mon lectorat, la rédaction s’arrête brutalement. Les prises de notes sont trop nombreuses, le plan de texte est un capharnaüm. Quelques idées continuent de germer mais impossible de mettre de l’ordre dans tout ça. En parallèle, un autre problème de taille commence à se faire de plus en plus handicapant : mes acouphènes. 

Depuis lors, tout n’a été que remise en question et réécritures. Et les difficultés à rédiger un format long avec mon sifflement incessant à l’oreille m’a naturellement amené à rédiger des textes plus courts. De là sont nés en 2016 les Volutes féminines qui, à la base, devaient servir de « pause » entre deux chapitres du roman. La rédaction de ces intermèdes étaient parfait face à mes difficultés de concentration, vu que je n’arrivais plus à structurer de longs passages et que je ressentais le besoin de poser des idées précises sur ce vaste sujet. Je suis assez fier et heureux d’avoir travaillé sur ce projet, si bien que je garde en tête l’idée d’en faire un jour un autre recueil, plus construit et plus abouti. 

Pourtant, les longs mois à travailler sur ces «Volutes féminines » m’éloignent de mon roman. Certes, ces textes font aujourd’hui partie intégrante de mon récit mais au moment de leur écriture, ils remplacent mon incapacité à travailler sur un long format, et compensent mon renoncement face à mon roman. Je n’y arrivais plus. De plus, il me fallait écrire du dialogue et je ne maîtrisais pas du tout cette forme là. Du coup, deux longues années passent sans que mon roman n’avance. En 2018, je me remet dans l’écriture du roman et tente de repartir sur de bonnes bases en réécrivant en grande partie les deux premiers chapitres. Ayant besoin de visualisé les scènes et personnages, je fais faire quelques commissions par de jeunes artistes et je travaille davantage le fil conducteur de mes deux personnages principaux. S’il est assez facile pour moi de raconter le personnage masculin – puisqu’il s’inspire en grande partie de moi, le traitement de mon héroïne est plus complexe, souhaitant à tout prix lui donner corps et âme et faire d’elle un personnage intéressant. Et plus encore, un personnage rassurant capable de toucher les gens. 

Ces deux premiers chapitres sont perfectibles mais ont désormais un fil conducteur, ils se répondent l’un a l’autre et me rassurent sur ma capacité à écrire quelque chose qui me satisfasse. Mais mon élan se stoppe net devant le chapitre trois et l’arrivée des dialogues. Je ne sais pas comment procéder, et j’ai une peur bleue de ne pas réussir à retranscrire les scènes. Le passage à vide sera de nouveau long, bien que les prises de notes et idées surgissent de temps à autre. Fin 2020, je rédige le chapitre trois et le début du quatre en assumant le fait de ne rater mes dialogues. Je souhaite avancer l’histoire, mettre en forme mes idées. Le résultat est médiocre mais à le mérite de poser le squelette de ces chapitres. Le doute m’assaille, l’écriture est souvent au point mort et les mois passent. Je quitte mon boulot pour des raisons de santé et, avec davantage de temps devant moi, espère pouvoir poursuivre l’écriture du roman. Mais il n’en est rien. La frustration est immense, mes acouphènes sont insupportables.

Et c’est dans un élan un peu désespéré que je reviens vers mon site internet, pour rédiger là encore des textes plus courts – des chroniques, des billets d’humeur… – et partager mon récit de façon plus intimiste. Je ne sais pas combien de temps tout ça durera ni même si ça fonctionnera pour me relancer, pour retrouver un rythme et combattre mes acouphènes. Mais tant que vous verrez (et lirez ?) ces billets d’humeur hebdomadaires, ce sera bon signe.