Billet d’humeur n°9 – 3 octobre 2021

Par où commencer ?
Par mon absence de plus de deux mois sur ce blog ? Ces dernières semaines ont été remplies de vide, de questionnement, de doutes, de réflexions mais surtout de frustration. Il n’y a rien de plus à en dire. Le temps défile sans que rien n’évolue dans le bon sens. Mais ces semaines ont été l’occasion pour moi de réfléchir, d’analyser et de prendre le recul nécessaire pour tenter de comprendre ce qu’il se passe. Et ce qu’il se passe me fait rudement peur.

J’ai peur car je me rend compte que, plus j’essaie d’écrire, moins j’y parviens. Plus le temps passe, plus j’ai le sentiment de perdre mes facultés, mes capacités et parfois même mon inspiration.
Mon envie d’écrire, elle, reste inchangée. Mon besoin d’écrire également. C’est, paradoxalement, tout le contraire.

Récemment, quand je me penchais sur mes textes afin de les retravaillés, j’ai eu un sentiment de vide. D’abrutissement. Comme si je ne savais plus comment faire.
Plus le temps passe, moins j’arrive à me concentrer. Moins j’arrive à trouver les mots. Moins j’arrive à m’y retrouver dans mes notes, dans mes idées, dans tout ce que j’ai à dire et qu’il me tient à coeur d’exprimer.
Et ça me fait peur. Très peur. J’ai l’impression de perdre une part importante de mon identité, de ne plus réussir à faire ce peu de chose que je sais faire.
Mes acouphènes s’aggravent. Grâce à un ami, qui jouait avec un outil permettant de reproduire des sons d’acouphènes sur un site spécialisé, j’ai pu deviner à quoi ressemblait véritablement ce son permanent qui m’accompagne 24h/24. Un son que j’ai tenter moi-même de deviner mais vous imaginez bien que s’il m’est possible d’en trouver un similaire, c’est impossible pour moi de le reproduire puisque je l’entend. Et donc, ce son là, je ne peux pas l’entendre puisqu’il se superpose avec celui déjà présent. Et donc, en jouant avec les modulations graves puis aigües, il s’est arrêter sur un son très aigu. Nous étions plusieurs autour de la table et tous ont dit « mais c’est affreux comme bruit ! ». Sauf qu’à ce moment là, je n’ai rien entendu. Parce qu’il venait d’émettre le son que j’entend. Ce son se situe donc autour des 15.000 hertz. Si quelqu’un lis ces lignes et souhaite entendre ce son, il est possible de l’entendre à cette adresse :
http://fr.diapason-app.com/diagnostic

Peut-être comprendrez-vous davantage la source de mon problème. Problème que beaucoup connaissent mais honnêtement, quand je dis que j’entend un son « fantôme », j’ai le sentiment qu’on ne peut pas comprendre ce que je vis et, de ce fait, je ne me sens pas légitime de dire que j’en souffre. On peut ressentir de la compassion pour moi mais entre nous, c’est difficile de témoigner cette compassion si on ne sais pas de quoi il en retourne. Tout ça pour dire que voilà, c’est ce son qui handicape mon quotidien, qui me plonge dans une perpétuelle torpeur, dans un assourdissement terrible qui me gêne à mon travail – car ma perte d’audition à l’oreille droite s’élève à plus de 70% – mais qui me gêne aussi et surtout dans ma vie de tous les jours. Et surtout pour mes activités principales (du moins j’aimerai que ce soit les principales) que sont l’écriture et la lecture. Lire avec ce son, c’est épuisant. Tenter d’écrire avec ce son, ça devient impossible. Je perd de plus en plus en concentration, je perd en énergie car oui, tout ça m’épuise énormément. Après trois heures de travail dans une boulangerie où le bruit est – pour moi – à la limite du supportable, j’en ressors littéralement épuisé. Je ne travaille pas assez pour justifier une fatigue quelconque, mais la fatigue est pourtant bien réelle et certainement dû au fait de devoir « supporter » ce son. Une fatigue enfin qui me pousse à me tenir éloigné de ce qui me demande bien trop d’effort « intellectuel », et donc de l’écriture et de la lecture.

Au-delà de la gêne auditive, de la perte d’audition, s’est ajoutée une nouvelle facette – ou effet secondaire – lié à mes acouphènes : l’hyperacousie. L’épuisement physique et moral était déjà présent avec l’insupportable présence de ce son, mais il s’avère que désormais, la plupart des bruits me provoquent des maux de tête. Par bruits je parle des superpositions de conversation, le brouhaha. Ou quelqu’un qui parle fort – mon père est un parfait exemple. Ou le son d’une vidéo trop élevé – quand des amis mettent une vidéo Youtube un peu trop fort par exemple. Fort heureusement, la musique n’entraîne pas encore ce genre de problème. Et heureusement, car la musique à cette verrue de pouvoir me distraire de mes acouphènes. C’est une parade qui peut sembler paradoxale au premier abord, mais qui se comprend aisément lorsqu’on sait qu’on préconise des bruits blancs à des acouphéniques – méthode que je n’approuve pas (car il s’agit de remplacer finalement un acouphène par un autre) mais qui doit certainement fonctionner pour d’autres. Ceci explique aussi mon intérêt et mon amour pour les jeux de rythme, qui me distrait d’un point de vue auditif, mais me rassurent aussi sur ma faculté à entendre suffisamment de sons pour suivre un rythme – je parle de capacité qui, par le biais d’un jeu vidéo, s’exprime par le fait de réussir à percevoir les sons et le rythme.

Bref, tout ça pour dire qu’aujourd’hui, je me sens de plus en plus être une coquille vide. Mes journées sont pleines d’intentions qui restent à l’état d’intentions. J’écris très peu – voir pas du tout – et je m’échappe dans des jeux vidéo au lieu de lire parce que c’est plus « facile ». Alors oui, j’aime jouer aux jeux vidéos, mais je suis extrêmement frustré d’y avoir recours – presque automatiquement maintenant – plutôt que d’avoir la force d’écrire. Ou le courage. Je ne sais pas ce dont il s’agit, mais le fait est que je culpabilise énormément, et suis totalement déprimé de perdre peu à peu ce qui donne sens à ma vie. Je perd progressivement ce qui donne du sens à mon existence. Je me sens terriblement inutile et insignifiant si je ne parviens pas à écrire, déjà que mes complexes en tout genre ont tendance à me conforter dans une déprime permanente.

Alors que dois-je faire ? Que puis-je faire ? Moi qui ai déjà tenter un tas de choses pour me défaire des acouphènes, ou au moins m’en éloigner. Même méditer deviens difficile pour moi – car il s’agit aussi d’être en confrontation directe avec ce son. Et pourtant, je sais que c’est indispensable pour ma survie, pour maintenir mon moral dans un état suffisant pour qu’on ne me questionne pas le matin en me disant « pourquoi tu fais la tête ? » ou « qu’est ce qui ne va pas ? ». Je déteste ces questions car je ne peux pas répondre bêtement que c’est à cause de ce maudit son que personne n’entend de toute façon. Je garde beaucoup trop de rancoeur en moi, j’ai appris à tout garder, même les personnes le plus proches de moi ne savent pas vraiment ce que je ressens. Il m’arrive de montrer que je ne vais pas bien mais ça ne va pas plus loin que le gars qui semble avoir passé une mauvaise nuit. Je ne crois pas être le genre de personne qui se plains sans cesse, qui met en avant ses problèmes parce que nous en avons tous, des problèmes. Je n’aime pas mettre en avant mes soucis, non pas par égo ou par peur de paraître faible, je m’en moque, mais parce que je ne veux pas renvoyer une image négative, parce que je ne veux pas qu’on me questionne sans que je puisse trouver les mots. Parce que même oralement, je ne trouve pas les mots. Je n’ai jamais été très habile à l’oral, mais là, j’en perd carrément mon vocabulaire. Et ça me fait paniquer. Je perd mes mots à l’oral comme à l’écrit, j’ai l’impression de devoir profondément stupide. Ça me fait peur. Je l’ai déjà dit mais j’ai très peur. Voilà tout.

Billet d’humeur n°8 – 24/07/2021

Plus de quatre semaines se sont écoulées sans venir poser quelques mots ici. La raison est hélas un peu simple : mon incapacité totale à écrire, à avancer dans mes projets d’écriture qui, du coup, continuent de prendre du retard. Cette stagnation m’a encore une fois abattu, déprimé, et énormément frustré. Je me suis réfugié dans l’activité la plus « facile » à faire pour moi : les jeux vidéo. Une échappatoire heureusement réconfortante mais évidemment contre productive pour mes lectures et projets d’écriture.

Parlons d’ailleurs un peu de mes lectures : si je ne suis quasiment pas parvenu à lire ces deux dernières semaines, j’ai tout de même potasser pas mal d’ouvrages sur la cigarette dans le cadre de la rédaction de mon essai. Ce qui a grandement allongé la taille de mon fichier contenant la synthèse de plus d’une quinzaine d’ouvrages. A ce jour, il m’en reste encore 11 à lire, dont certains un peu longs. Ce week-end, je vais tâcher d’en achever au moins deux autres. Au niveau méthodologie, je vais poursuivre toutes ces lectures pour ensuite lire de nombreux liens internet ainsi que des fichiers PDF qui évoquent aussi bien des situations sanitaires à diverses époques que des statistiques – parfois redondantes et donc pas nécessairement pertinentes. Une fois que j’aurai lu un maximum d’informations, je pourrais ensuite procéder à une relecture de ces synthèses afin d’y apposé des mots clés afin de m’y retrouver – le fichier pourrait bien atteindre la centaine de pages ! Parallèlement, je vais essayer de contacter et d’échanger avec quelques personnes fumeuses et non fumeuses afin de recueillir quelques témoignages, points de vue et réflexions. Ce travail pourrait être long et complexe, donc il me faut d’abord préparer un questionnaire « type » afin de le proposé aux personnes intéressées et avoir ainsi un échange plus rapide et plus synthétique – mais pas bâclé.

Niveau lectures encore, j’ai des ouvrages (et même des BDs) à lire sur des sujets adjacents à la cigarette et à la féminité. Entre autres : la beauté, l’esprit critique, le développement personnel, l’évolution des moeurs… Des lectures qu’il me faudra également annoté et synthétisé. Concernant de futurs achats de lectures, je vais enfin pouvoir lever le pied et cesser de remplir ma pile de documentation. Je pense en effet en avoir eu suffisamment – ça représentera pas moins de 25 lectures sur le tabagisme couvrant les années 60 à aujourd’hui. Le travail colossal qui m’attend via les liens internet risque d’être très éprouvant, il me faut donc dégager du temps pour cela et épurer tous les liens mis de côté. Et toutes ces lectures sont autant de temps passé à… ne pas écrire. Il me faut commencer à faire le « squelette » de mon essai. J’ai déjà noter quelques inter-titres et grands axes, il me faut la structure la plus complète possible pour constitué ma liste de mots-clés afin de m’y retrouver dans la centaines de pages qui synthétisera ce vaste sujet.

Niveau écriture, c’était donc le point mort jusqu’à cette fin de semaine où j’ai entrepris de reprendre la lecture de mon roman depuis… le tout début. Le prologue s’est vu légèrement remanié ici ou là, j’ajuste et complète certaines pensées. Ce n’est pas de la réécriture (heureusement) mais j’ai besoin à la fois de me replonger dedans, et de peaufiner mes pensées. En fait, il me faut donner corps et vie à mon héroïne, j’ai besoin qu’elle existe dans mes pensées, que je puisse la visualiser et que son « existence » soit – aussi bizarre que ça puisse paraitre – ma principale motivation. Le personnage de Jill est le pilier de mon histoire, la raison d’être. Elle est un personnage que je souhaite voir vivre et exister pleinement. Elle est l’incarnation d’un tas de valeurs, d’un tas de pensées qui ont besoin d’exister à mes yeux pour me « réconforter » si je puis dire. Un point d’ancrage.

D’un point de vue plus personnel, le moral est un peu au ras des pâquerettes. Le contexte actuel me mine profondément – hier j’ai été recalé de la piscine municipal car je n’avais pas de pass sanitaire – alors qu’il devait être mis en place début août dans les piscines. La vaccination me fait peur, je ne suis pas un anti-vaccin mais je déteste qu’on me force la main. Et d’un point de vue logique, il n’y a aucun recul, juste quelques témoignages de proches qui se sont vaccinés et qui sont soit tombés malades, soit qui ont perdu de leur endurance ou ont gagnés quelques douleurs en faisant de l’exercice physique – dixit les témoignages de mon père et de ma coiffeuse, entre autres. Bref, les lois liberticides et cette culture de la peur me fait perdre foi en l’humain, me fait craindre le pire pour l’avenir. Et pour un pessimiste comme moi cherchant à renouer avec l’optimisme, ce n’est pas simple de sortir la tête de l’eau. Reste donc cette bouée de sauvetage que représentent mes projets d’écriture. Il me faut me plonger corps et âme dedans et faire en sorte que le microcosme que je cherche à créer au travers de mes écrits (et surtout de mon roman) puisse m’apporter du réconfort pour retrouver le sourire.

Que dire sinon ? A part que la liste des choses à faire s’est grandement allongée, ce qui n’est pas bon du tout pour une personne comme moi qui traîne si souvent des pattes, et dont les acouphènes ne cessent de me causer du tort. D’ailleurs, ma dernière démarche – l’auriculothérapie – est un cuisant échec. La seule chose que m’ont apporté ces trois séances, c’est d’accentuer temporairement ma sensibilité aux sons grandissante. En gros, les bruits environnants qui deviennent de plus en plus insupportables pour moi… l’ont été davantage après mes séances. Je vais donc travailler dur durant les jours à venir pour me remettre pleinement à ce qui fonctionnait le mieux – mais qui demande un investissement personnel très délicat : la méditation. Si ça fonctionne et que je parviens à me remettre sur les rails, le prochain billet d’humeur sera… de meilleur humeur.

Billet d’humeur n°7 – 19/06/2021

Depuis mon dernier billet, il s’est passé pas mal de petites choses… Ou pas vraiment. Enfin si. Mais bon, rien de transcendant. Disons que le sentiment de stagnation perdure, que l’avancée de mes écrits est proche du néant, même si ça ne signifie pas que je n’ai pas avancé. En fait, j’ai cumulé les lectures et lu pas mal d’ouvrages pour la rédaction de mes Volutes ainsi que de « l’essai » qui l’accompagnera désormais. Ces lectures représentent pas moins de 8 à 10 ouvrages, allant du sujet pur et dur du tabagisme mais aussi de ce qui peut graviter autour de mon thème. J’ai notamment lu un ouvrage sur le développement personnel très intéressant, ainsi que sur la beauté. Des livres sur lesquels j’ai pu faire beaucoup d’annotations et dont il me reste encore, pour une partie d’entre eux, à faire la synthèse.

Mon fichier de prises de notes s’agrandit, les réflexions se multiplient autant que les points de vue, et tout prend forme (très) progressivement. Je me heurte au problème de la multiplicité de ces lectures, de toutes les informations qu’il me faut assimiler tout en étayant mon propos à travers les Volutes féminines elles-même. Un des textes les plus « ambitieux » s’est vu croître et trouver sa mise en forme, mais il me reste encore la composante de la narration à travailler. Plus le temps passe, plus ce projet prend des proportions énormes, voire dangereuses. Dangereuses car je ne me sens évidemment pas avoir les épaules pour engranger et organiser tant d’informations, et que ma volonté de bien faire se heurte à ce « handicap » des acouphènes. Mais bon, je persévère et je m’efforce de penser qu’il me faut aller au bout de cela.

Qu’en est-il de mon roman « Il était une femme… » dans tout ça ? Eh bien je cumule de la frustration de ne pas réussir encore a m’imposer un rythme, alors que j’y pense quotidiennement. Si je n’écris pas mon roman, je suis malheureux. Si je n’écris pas de Volutes féminines, idem. Or, j’ai beau lire, emmagasiner un tas d’informations très intéressantes – et par extension me cultiver – je reste malheureux de ne pas poser concrètement davantage de mots. Aujourd’hui, au moment où j’écris ces lignes, j’ambitionne d’avancer la réécriture d’une Volute et de remettre un pied dans mon roman. J’ai un peu plus de trois heures devant moi où j’espère pondre quelque chose.

À coté de ça, j’ai repris le boulot à la boulangerie. D’un dépannage de trois jours, la situation va probablement évoluer vers mon retour en CDI dans cette boulangerie, avec un nombre d’heure qui sera réduit de moitié comparé à mon précédent contrat, ce qui m’arrange totalement. Des journées de travail de 3 heures du lundi au vendredi, ce qui ne devrait pas me pénaliser pour poursuivre mes efforts. Mais ce nouveau virage un peu inattendu me met un peu au pied du mur et j’espère réussir à ne pas retomber dans mes anciens travers – dont je ne suis pas totalement sorti de toute manière durant les quasiment 6 mois sans travail. Le bilan de ce début d’année est terriblement mauvais, mais il me faut voir le bon côté des choses. Me reprendre en main. Encore et toujours. Je me bat contre mes démons, contre ce sifflement incessant et contre mes profondes faiblesses. J’aime à penser que dans mon prochain billet ‘humeur, il y aura une évolution positive. J’y travaille, avec peine, mais j’y travaille. Je ne dois pas me mettre de pression mais je me rend compte que j’ai mal aux épaules, aux cervicales, comme si je portais une charge bien trop lourde pour moi. Du coup, je vacille souvent, je stagne tout autant, mais je ne perd pas ma volonté d’y arrivé, et je ne perd pas l’espoir d’y parvenir. On verra bien dans quelques jours.

Billet d’humeur n°6 – 24/05/2021

Une nouvelle semaine commence avec un billet d’humeur qui revient au lundi. Le bilan de ces derniers jours est un peu… catastrophique. Mais plutôt que de lister « ce qui ne va pas », je vais faire le point sur le positif – parce qu’il y en a un petit peu quand même. Tout d’abord, je pars en vacances dans 8 jours en Dordogne, dans un gîte réservé par les beaux-parents. Une semaine dans la campagne, loin de l’agitation citadine. Une semaine sur laquelle je vais porter beaucoup d’espoir pour revenir à de bonnes habitudes que je ne parviens pas vraiment à prendre ici. Une semaine où je m’éloignerai des écrans au maximum, y compris mon portable. Une semaine enfin que je consacrerai au repos à travers la méditation et l’auto-hypnose, mais également à l’écriture (sur papier) et à la lecture – j’ai prévu d’embarquer au moins trois livres. Dans le positif, il n’y a pas grand chose de plus à dire… Un positif un peu « piège » car il ne faudrait pas non plus que je reste dans l’attente de ces vacances et que les 8 jours qui précèdent puissent être aussi l’occasion de mettre en place de bonnes habitudes.

Sauf que… Aujourd’hui, mon cousin débarque à la maison. Si j’en suis véritablement très heureux, je ne peux nier que sa présence sera à double tranchant. On va certainement passer de bons moments mais je ne sais pas si je parviendrai à mettre en place ces bonnes habitudes – moins d’écrans, plus de lecture et d’écriture. Il va rester une bonne partie de la semaine, certainement jusqu’à jeudi ou vendredi. Sa présence m’empêchera au moins de déprimer comme ces derniers jours et surtout comme aujourd’hui. Une déprime liée à tas de petites choses que je vais essayer de lister.

Déjà, cette période de l’année est toujours délicate pour moi : fête des mères oblige. J’ai toujours ce pincement au coeur et même si les souvenirs ont tendance à remonter souvent, disons que les émotions sont un peu plus fortes – considérons ça comme une tempête intérieure. A cela s’ajoute le fait que mon anniversaire approche et, alors que mon grand-père est décédé ce jour là (le premier décès d’un proche que j’ai connu, ça remonte à loin), c’est la mort de mon chat Princesse qui a eu lieu le même jour. Et là, je ne peux pas nier que ça me fait vraiment très mal. Mal parce que les circonstances ont été très difficiles, mal parce qu’aujourd’hui j’aimerai « faire mon deuil » en ayant un nouveau chat mais que ma chérie n’est vraiment pas ouverte à cette idée. Cette année, j’aimerai un anniversaire sans aucun cadeau « matériel ». Pas d’objets, pas de jeux, pas de livres… Dans mon esprit, c’est « un chat et rien d’autre » mais je ne peux pas imposer ça à ma chérie. Alors voilà, le message sera clair, je ne veux rien de « matériel ». Alors bon, à défaut, peut être verrai-je pour demander plutôt un abonnement à la piscine, ou une séance de massage, ou en tout cas dans cet esprit là…

En parlant de « massage » et de détente, j’ai eu ma première séance d’auriculothérapie. Une séance qui s’est bien passée mais qui n’a pas – ou peu – changé grand chose. Après la séance, il me fallait je pense du calme mais quand ma chérie à passé l’aspirateur dans l’appartement juste après, ça a déclencher une réaction un peu « excessive ». Je crois que j’étais à fleur de peau, les nerfs à vif, ou je ne sais comment le dire mais après cette séance, je crois que j’en espérait tant de bien que la moindre perturbation sonore m’a exaspéré. Le « salon de coiffure » en dessous chez moi met désormais la musique à fond, et tous les bruits environnants m’ont semblé plus gênant qu’à l’accoutumé. Ce qui tend à confirmer que je commence à avoir de l’hyperacousie, une sensibilité aux sons qui devient véritablement gênante et provoque, je crois, mes migraines à répétition. Un état que peu comprennent, y compris ma chérie qui semble vouloir respecter cela sans forcément y accorder du crédit ou en tout cas comprendre « l’ampleur » de ce que ça représente. Bref, cela entraîne davantage de contrariétés alors que j’en avais déjà bien trop.

A cela s’ajoute ma fatigue qui, ces derniers jours, a été omniprésente. Une vraie larve. Un jour sur deux, j’étais littéralement incapable de faire la moindre activité, sauf celle de m’allonger et de m’endormir alors que mes nuits font déjà huit heures. Des nuits non réparatrices, qui ont été aussi plus agités avec des rêves très « lucides », dont un qui m’a réveillé à 5h du matin et qui m’a profondément « perturbé » – c’était avec mes amies les plus proches, dont ma meilleure amie du passé, Elidia, de l’époque du lycée. A mon réveil nocturne, j’ai absolument tout noté de tout ce dont je me souvenais. Je ne voulais pas perdre une miette de tout ce que je me souvenais – et cette fois là je me suis souvenu de beaucoup de choses, y compris de toutes les incohérences propres aux rêves (changements de lieux soudains, de personnes…).

Mais ce qui m’a certainement le plus fait de mal cette semaine, c’est le « bilan » que je me suis fait de ma vie, lorsque j’ai voulu faire ce week-end une fiche pour organiser les jours à venir. Pour ce faire, j’ai pris un fichier texte intitulé « feuille d’accomplissement » assez récent, accompagné de fichiers plus anciens. Et par ancien j’entend… 2013. Une feuille de résolution datant de cette année là accompagnait une autre qui datait de notre emménagement donc fin 2014. Et d’autres feuilles volantes de « résolutions » ou « initiatives » datant de six mois à deux ans (en gros). Et en regardant tout ça, j’ai eu beaucoup de peine : la plupart des résolutions que je souhaite prendre, des livres que je souhaite lire, des démarches que je souhaite entreprendre sont, pour la plupart, restés des échecs. Cela fait plusieurs années que je souhaite changer les choses et le sentiment de stagner, pire encore de régresser, m’a vraiment beaucoup déprimé. Alors oui, l’important est de regarder devant et pas derrière soi, mais je n’ai pas pu m’empêcher de constater qu’à travers tout ça, je suis un « looser » (et là, mes guillemets n’ont peut-être même pas lieu d’être). Le surplace, le fait de ne pas réussir à changer les choses me rend intérieurement fou de rage. Une sorte de « colère » (là, les guillemets sont adaptés car je ne me met pas en colère) qui devrait me pousser à redoubler d’efforts mais qui m’écrase par le poids des choses, par cette impuissance que je ressens.

Alors voilà, ce billet est assez morose, pour ne pas dire déprimant, et loin de moi l’idée de me plaindre. Faut juste que toute cette rancoeur sorte, que tout mon mal être s’exprime pour, je l’espère, avoir à proposer un autre billet d’humeur plus positif la prochaine fois. Je vais encore une fois me donner du mal pour y arrivé mais j’ai peur de cette fatigue, peur d’être encore en échec, peur de ne pas sortir de cette spirale sans fin alors que mes 37 ans approchent à grands pas. Peut être est-ce un tort de faire le « bilan » de ma vie à ce point, peut être devrais-je garder ça pour moi mais honnêtement, je crois que je garde déjà bien assez de choses, tellement d’ailleurs que peu de gens se doutent de ce que je ressens vraiment au fond de moi. Y compris les personnes les plus proches de moi. J’intériorise, je dissimule, je prend sur moi mais là, ça implose un peu et j’avoue que je désespère totalement.

Je finirai ce billet en disant que je malgré tout, je vais m’accrocher, continuer de m’investir dans la refonte des « Volutes » – au détriment du roman (encore) – dans l’espoir de concrétiser quelque chose qui me tient à coeur et qui, je l’espère, me permettra de donner du sens à ma vie. Et pour ce qui est des changements et autres résolutions, je reviendrai lundi prochain faire le point, juste avant de partir une semaine loin de toute cette agitation…

[Volutes féminines] Immortelle

L’exercice de réécriture est certainement mon préféré. A tel point qu’il m’empêche depuis plus de dix ans d’avancer et de finir la rédaction de mon roman. Les raisons sont simples et évidentes : je n’ai pas confiance en moi et, avec le recul et le temps qui passe, je pense que ma vision des choses évolue et (je l’espère) s’étoffe – en quelque sorte. Et puis, on porte tous un regard assez injuste et sévère sur de « vieux » écrits – même s’ils n’ont que six mois ! Toujours est-il que l’exercice de la réécriture me plait et me rassure. Car oui, avec ce manque de confiance en moi, j’ai besoin de me prouver que mon écriture est en constante évolution mais surtout, il est vital pour moi que cette évolution mène à la justesse des mots et de mon propos.

Dans le cadre de la nouvelle version des Volutes féminines, j’ai réécrit « Immortelle » dans deux intentions : lui donner davantage de « volume », le texte original étant bien trop court. Et changer totalement le point de vue en ajoutant un autre personnage (le photographe). La première version, vous le verrez, ne parle que de cette femme qui semble un peu superficielle voire narcissique. Elle se prend elle-même en photo – moi qui déteste les selfie, allez comprendre pourquoi j’ai écrit ça ! A la base, je tenais à ce que mes « Volutes » soient brèves, des portraits vraiment courts qui se focaliseraient sur la scène. Mais le défaut de la plupart d’entre-elles étaient de ne rien raconter.

Dans la réécriture, il s’agissait de mettre en scène cette femme et de l’accompagner d’un regard extérieur – le photographe. Et d’amener une réflexion sur la présence d’une cigarette au moment du portrait. Sur son sens, sur l’interprétation possible. Et de donner le sentiment à la lectrice/au lecteur qu’à travers cette seule scène, elle/il pouvait connaître suffisamment cette femme.

Et vous, que pensez-vous de cette « évolution » ? Merci de me le dire en commentaire 🙂

【Immortelle】– version 2016

Quelques artifices viennent sublimer sa beauté tout en créant un nouveau personnage. Du noir autour des yeux pour envelopper son regard, un peu de fond de teint pour parfaire son grain de peau, un trait de rouge pour souligner ses lèvres et une perruque écarlate. Tout est prêt. Elle s’allume une cigarette, comme une envie soudaine d’attraper l’objet pour en faire un accessoire artistique. Elle se regarde dans le miroir, cherchant à définir une posture qui puisse être esthétique, attractive et significative. Elle relâche une première fois la fumée, trop difforme pour être saisie. Elle peaufine en vitesse son maquillage, ajuste sa tenue et affine l’expression qu’elle a choisi d’afficher. Elle exhale une autre bouffée, moins éparse et plus harmonieuse, puis dépose l’engin à quelques centimètres du cadre pour lequel elle a opté. Elle appuie sur le retardateur avant de se mettre en place. Une émotion s’immisce sur son faciès dès lors que sa cigarette s’embrase. Une volute parfaitement maîtrisée glisse devant ses yeux, dans le timing idéal pour s’exhiber. L’appareil capture l’instant. Le visage de cette jeune femme devient portrait, l’image figée d’une fraction de seconde où l’acte à priori mortel peut désormais prétendre à l’immortalité.

【Immortelle】– version 2021

Avant la séance photo, elle se maquille légèrement ; du noir autour des yeux pour envelopper son regard, un soupçon de fond de teint pour cacher de minimes imperfections et un trait de rouge pour souligner ses lèvres. Tout est prêt pour le shooting. Le photographe s’enthousiasme devant la beauté de son modèle, et capture par rafales les différentes poses qu’il lui suggère de prendre. Son corps est un peu tendu et ses expressions manquent de naturel. Et puis, il fait un peu froid dans ce décor exubérant et surfait. Elle tente de se prêter au jeu mais son sourire reste crispé, ses attitudes un peu grossières. 

Il lui donne quelques conseils pour qu’elle parvienne à se détendre, pour qu’elle retrouve toute sa confiance. Il la complimente sur son élégance naturelle qu’il perçoit en dehors du shooting, sans se douter que sa volonté de mise en scène ôte l’essence-même de sa personne. De ce fait, elle s’efforce de jouer le rôle qu’on lui donne, celui de la jeune mannequin dont les attraits physiques se suffisent à eux-mêmes pour être capturés. Mais les portraits ne ressemblent finalement qu’à une beauté banale sans état d’âme, sans une once d’éloquence. L’objectif braqué sur elle agit comme une arme tuant toute émotion, laissant sous silence sa véritable identité ; une identité effacée au détriment d’artifices et de poses quelconques, engendrant des tableaux insignifiants qui relèguent toute forme de vérité au second plan. De la même façon que le maquillage dissimule les cicatrices au profit d’un corps façonné de faux semblants.

Le photographe prend alors conscience de son erreur, celle de fabriquer une beauté triviale, un fantasme déshumanisé. Plus grave encore, il s’évertue dans une quête de perfection sommaire et subjective, sans intérêt artistique ni propos à délivrer. Il fait de sa muse une femme artificielle, dénuée de sensibilité et de caractère. Cette mise en perspective le submerge de questionnements et interrompt la séance. Il propose à son modèle un temps de réflexion et lui demande de se démaquiller. Afin de ne plus être un mannequin de cire mais une femme du monde réel. Mais face à ses interrogations, il ne sait ni où ni comment la photographier sans perdre la réalité du moment, sans détruire le naturel de sa muse. Il se résigne un instant pendant qu’elle s’en va patienter au bord de la fenêtre pour fumer. 

Suspendu à son appareil, le photographe observe en secret la scène. En embrasant sa cigarette, la jeune femme fait irrémédiablement tomber le masque en exprimant une saisissante vérité. Derrière sa beauté étincelante apparaît alors un vice, une forme d’aveu. Un manifeste de son état d’esprit ouvrant en grand la porte de l’introspection. L’image qu’elle véhicule n’est fatalement plus la même, empreinte d’une émouvante mélancolie ; à moins qu’il ne s’agisse de réconfort ou d’insouciance. Il se décide alors à la prendre en photo à son insu tandis qu’elle exhale une volute harmonieuse. Le temps s’arrête. Il saisit au vol un portrait évocateur où l’acte apparait comme une échappée belle, une délivrance. Une parenthèse intime où la cigarette ponctue le message transmis par son regard afin d’exprimer les émotions les plus pures. 

La fumée apparaît sur les clichés comme un prolongement du corps ; les arabesques dessinent sa volonté, sa décision d’être en décalage avec le paraître. Elle se tourne vers lui tout en relâchant une expiration silencieuse. Une prise en flagrant délit en prise de vue. Le cliché qui en ressort est superbe. Un portrait tout en relief où sa beauté de chair retrouve sa beauté d’âme, où elle s’exprime dans un langage non verbal aux mille interprétations. Le poison rappelle sa condition humaine, mortelle, et l’éclat de ses yeux insuffle des sentiments abrupts. Elle lui sourit et le dialogue s’ouvre enfin. L’authenticité émane de ses lèvres à travers des volutes éthérées, des mots sans dissonance laissant apparaître des contrastes troublants et des nuances magnifiques. Capturée par l’appareil, la fumée apparait sibylline et vaporeuse dans des portraits singuliers où la jeune femme dévoile une beauté platonique. Naissent alors des allégories où l’acte à priori mortel peut désormais prétendre à l’immortalité.